Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a déclaré, dans un communiqué officiel, avoir observé l’arrivée d’un contingent estimé à 750 militaires rwandais sur l’île d’Idjwi, pénétrés de nuit par la piste de Musoko. Cette information suscite une vive inquiétude pour l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).
Le document émane des ministères provinciaux de l’Agriculture, de l’Environnement, de la Sécurité alimentaire, du Développement rural, de la Communication et de l’Économie verte. Il indique également le lancement de la construction d’un camp de police rwandaise à Bwando, dans le groupement de Mugote, en bordure du lac Kivu, en face de Kibuye (Rwanda).
Le communiqué qualifie ces faits de « violation flagrante de l’intégrité territoriale » et de « tentative manifeste d’annexion déguisée », masquée derrière la présence de la rébellion de l’AFC/M23.
Pour réagir à cette situation, le gouvernement provincial recommande plusieurs actions urgentes :
-
Condamnation ferme de cette nouvelle incursion, ajoutée à une série d’actes agressifs contre la RDC.
-
Appel au gouvernement central pour saisir le Mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL, l’Union africaine, et les garants des accords de paix de Washington et Doha, afin de dénoncer cette violation du cessez-le-feu.
-
Invitation lancée à la communauté internationale, aux Nations unies, à l’Union africaine, à la SADC, ainsi qu’aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, à constater la situation et à agir pour mettre fin à cette politique d’occupation déguisée.
-
Réaffirmation de solidarité avec les populations d’Idjwi et engagement à soutenir les communautés affectées.
Le porte-parole provincial, Didier Kabi, a insisté sur la gravité de cette évolution sécuritaire, appelant à une réaction à la fois nationale et internationale face à ce qui est perçu comme une escalade préoccupante.
Cette alerte intervient alors que l’Est de la RDC reste le théâtre d’une offensive rebelle soutenue par le Rwanda, en particulier via le M23. Selon un rapport remis au Conseil de sécurité de l’ONU en juillet 2025, plus de 6 000 soldats rwandais sont impliqués dans les opérations militaires appuyant les rebelles du M23, avec un déploiement jusque dans les zones d’Idjwi, soulignant ainsi un niveau d’implication directe inédit.
Par ailleurs, des analyses antérieures avaient déjà dénoncé une consolidation des positions rwandaises dans l’Est congolais, notamment au Nord et Sud-Kivu, contraires aux déclarations de retrait émises par Kigali.
Clovis ALI

0 Comments