Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a convoqué une réunion interinstitutionnelle pour ce lundi 8 septembre à Kinshasa, dans un contexte marqué par une forte tension politique au Parlement et une situation sécuritaire préoccupante à l’est du pays, notamment à Uvira, dans le Sud-Kivu.
Cette rencontre de haut niveau réunira les présidents des institutions de la République, les responsables des deux chambres du Parlement, ainsi que les membres du gouvernement. Elle vise à désamorcer les tensions croissantes au sein de la majorité et à faire le point sur les défis sécuritaires.
La convocation intervient alors que la rentrée parlementaire a été secouée par une pétition visant à destituer le bureau de l’Assemblée nationale, dirigé par Vital Kamerhe, figure clé de la majorité présidentielle.
Dans ce climat de crispation, 14 députés nationaux, dont trois femmes, ont été brièvement interpellés par les services de sécurité vendredi après-midi, alors qu’ils se trouvaient à l’hôtel Rotana (ex-Kin Plazza), dans le centre de Kinshasa. Ils ont été relâchés tôt ce samedi 6 septembre, selon des sources parlementaires.
Les députés, tous membres de l’Union sacrée, coalition pro-Tshisekedi, étaient en train de signer une motion de soutien à Vital Kamerhe, lorsqu’ils ont été interpellés dans des circonstances encore floues.
« Cet incident montre à quel point la situation est tendue au sommet de l’État. Il était devenu urgent que le chef de l’État réunisse les institutions pour une mise au point », a confié un haut responsable de la présidence, sous couvert d’anonymat.
Outre la crise institutionnelle, la réunion de lundi abordera également la situation sécuritaire dans l’est du pays, où les forces armées font face à une résurgence de violences, notamment à Uvira, théâtre ces derniers jours de frictions entre groupes armés locaux et armée régulière (FARDC), sur fond de contestation de la nomination d’un général.
Des groupes dits “Wazalendo” ont exprimé leur rejet du général désigné par Kinshasa, provoquant une atmosphère de psychose dans la ville. L’armée a réaffirmé son autorité.
« Le général Gasita a été nommé sur décision de la haute hiérarchie (…). Il a le total soutien des Forces armées et des autorités », a récemment déclaré le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC.
La réunion interinstitutionnelle de lundi devrait donc servir à clarifier les positions au sein de la majorité, préserver la stabilité institutionnelle à l’approche de la session parlementaire budgétaire, et renforcer la coordination sécuritaire dans les zones en conflit.
La Rédaction

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