Face à la dégradation sécuritaire dans l’est de la RDC, le Conseil de sécurité de l’ONU appelle à une solution politique urgente

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi 22 août à l’unanimité la résolution 2773 (2025), condamnant avec vigueur l’offensive du mouvement rebelle du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Cette résolution exige un cessez-le-feu immédiat, le retrait du M23 des villes de Goma et Bukavu, ainsi que le départ des forces armées rwandaises du territoire congolais.

Réunis au siège des Nations Unies à New York, les membres du Conseil ont souligné l’urgence d’une solution politique et d’un retour au dialogue, alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer.

« Monsieur le Président, les violations auxquelles nous avons assisté ces dernières semaines dans l’est de la RDC sont absolument inacceptables. Cette résolution, aujourd’hui, envoie un message clair : ces violations doivent cesser », a affirmé le représentant du Royaume-Uni à l’ONU.

Il a insisté sur la nécessité d’un processus politique mené par les Africains eux-mêmes, ajoutant : « Nous soutenons l’appel lancé par cette résolution pour que toutes les forces de défense rwandaise se retirent du territoire congolais. »

La Chine, pour sa part, a réitéré son soutien aux efforts régionaux, soulignant que les solutions africaines doivent être privilégiées pour résoudre les crises africaines

« Nous attendons des parties qu’elles entendent le message de la communauté internationale en cessant immédiatement toutes les hostilités. La Chine réitère son ferme appui à régler les problèmes africains par des solutions africaines », a déclaré le représentant chinois.

Il a aussi salué la résolution adoptée, la considérant comme une réponse claire aux attentes de la région.

Soutien à la souveraineté de la RDC

Le représentant de la Russie a également salué l’adoption du texte, soulignant que « cette décision a été le fruit d’un dur compromis, de négociations ardues à New York mais aussi au sommet de l’Union africaine ».

Il a appelé les forces rwandaises à négocier avec Kinshasa, mettant en garde contre le risque d’une « guerre avec de nombreuses victimes » si le dialogue n’est pas rétabli.

L’Algérie, pour sa part, a lancé un appel pressant en faveur de la désescalade.

« Nous appelons de nos vœux la fin des hostilités ainsi que la désescalade dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. (…) Il est nécessaire d’ouvrir des couloirs humanitaires et de réouvrir les aéroports pour faciliter l’accès à l’aide », a souligné son représentant.

La France met l’accent sur la Monusco et le processus de paix

La France, qui a porté le projet de résolution, a rappelé qu’« il n’y a pas d’issue militaire au conflit ». Le représentant français a déclaré : « L’offensive du M23, soutenue par le Rwanda, doit cesser. (…) La souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être respectées. Les forces rwandaises doivent se retirer sans délai. »

Il a également insisté sur l’importance de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC, qui doit « pouvoir mettre en œuvre son mandat pour le bien des populations civiles sans être entravée dans ses actions ou sa liberté de mouvement. »

La résolution souligne le rôle crucial des processus de Luanda et Nairobi, tout en exigeant également le démantèlement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), autre groupe armé opérant dans la région.

Une situation humanitaire alarmante

Avec près d’un million de déplacés et des milliers de morts, la crise dans l’Est de la RDC atteint un niveau critique. Les avancées du M23 et l’implication présumée des forces rwandaises font planer le risque d’un embrasement régional.

« Il est grand temps que le Conseil s’exprime avec clarté pour favoriser une cessation des hostilités et les conditions nécessaires à une désescalade », a déclaré la France, en exhortant à une mise en œuvre immédiate de la résolution.

Unité du Conseil, incertitude sur le terrain

L’adoption unanime de la résolution 2773 montre une rare convergence au sein du Conseil sur la question congolaise. Reste à voir si les acteurs sur le terrain respecteront les engagements attendus par la communauté internationale.

« Toutes les parties doivent faire preuve de bonne foi face aux initiatives de paix régionales, ils doivent s’engager à régler leurs différends par le biais de la diplomatie et du dialogue », a conclu le représentant chinois.

La rédaction

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