Les États-Unis ont actualisé ce mardi 12 août leurs recommandations de voyage concernant la République démocratique du Congo (RDC), appelant les citoyens américains à “reconsidérer leur déplacement” dans le pays et déconseillant formellement tout voyage dans plusieurs provinces de l’est et centre, en raison de la recrudescence des violences, des activités terroristes et de l’instabilité générale.
« Le niveau de criminalité, les troubles civils, ainsi que les conflits armés en cours rendent certaines zones particulièrement dangereuses », a précisé le Département d’État américain dans une note publiée sur son site officiel.
Cinq zones en alerte maximale
Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, la province de Mai-Ndombe ainsi que les régions du Tanganyika, Haut-Lomami et les trois provinces du Kasaï (Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental) sont désormais classées au niveau 4 : “Ne voyagez pas”, le plus élevé dans la classification américaine.
Les provinces des Kivu, épicentres des affrontements entre les forces armées congolaises et plusieurs groupes rebelles, dont le M23, font face à des combats « impliquant des missiles et des drones armés », selon les autorités américaines. « Le groupe armé M23 occupe les principales villes de Goma et de Bukavu », indique encore l’avis.
Outre les violences généralisées, les enlèvements, les embuscades routières, les agressions sexuelles et les attaques contre les ONG ou les humanitaires sont fréquents dans ces régions. Les groupes armés et terroristes ciblent indistinctement les civils et les infrastructures militaires.
Accès restreint et absence de soutien consulaire
Le personnel du gouvernement américain en poste en RDC ne peut pas se rendre dans ces zones sans autorisation spéciale, et les mineurs à charge ne sont pas autorisés à accompagner les diplomates affectés dans le pays.
En dehors de Kinshasa, les services consulaires d’urgence sont limités, voire inexistants, du fait des risques sécuritaires et des infrastructures défaillantes.
« En cas d’arrestation, il arrive que les autorités locales n’informent pas l’ambassade des États-Unis », a rappelé le Département d’État, signalant également des cas de violences et de menaces lors d’interrogatoires.
Dans de nombreuses villes, les manifestations sont fréquentes et peuvent rapidement dégénérer en affrontements violents, entraînant parfois morts et pillages.
La lenteur ou l’absence de réponse des forces de l’ordre renforce le climat d’impunité et de peur. « Des barrages routiers improvisés, des agressions et des dommages matériels sont à craindre », prévient l’avis officiel.
Recommandations pour les voyageurs
Pour ceux qui décideraient malgré tout de se rendre en RDC, Washington recommande de s’inscrire au Programme d’inscription des voyageurs intelligents (STEP) afin de recevoir des alertes de sécurité et faciliter leur localisation en cas d’urgence. Il est également conseillé d’éviter les rassemblements, de conserver une copie de ses documents d’identité sur soi et de préparer un plan d’urgence incluant médicaments, assurance évacuation et modalités de contact avec les proches.
La rédaction

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