Décès de Mme Véronique Kani, pionnière de la politique féminine en RDC

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La République démocratique du Congo pleure l’une de ses grandes figures politiques féminines. Mme Véronique Kani, ancienne bourgmestre de la commune de Bandalungwa et l’une des toutes premières femmes à occuper ce poste en RDC, est décédée en Belgique le 10 août 2025, à l’âge de 87 ans.

Née en 1938, Véronique Kani s’était imposée comme une femme d’action et de conviction à une époque où l’engagement politique féminin était encore une rareté en RDC. Elle fait partie des trois premières femmes nommées bourgmestres dans le pays, une avancée significative dans l’histoire de la représentation des femmes dans les institutions publiques congolaises.

« Mme Kani a ouvert la voie à toute une génération de femmes politiques dans notre pays. Elle a été une source d’inspiration pour nous toutes », confie Mme Grâce Mbombo, actuelle députée nationale, émue par cette disparition.


Avant de s’engager pleinement dans la politique, Mme Kani fut monitrice au Foyer social de Matadi, dans la province du Kongo Central. L’établissement formait des femmes aux tâches ménagères et à l’autonomie domestique dans un contexte post-indépendance où les rôles sociaux évoluaient rapidement. C’est là qu’elle commence à affirmer son leadership auprès des femmes congolaises.

En 1967, elle rejoint les rangs du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti-État fondé par le maréchal Mobutu Sese Seko. Elle devient alors une pionnière de ce mouvement dominant la vie politique congolaise durant des décennies.

De 1972 à 1974, elle occupe les fonctions de commissaire sous-régionale à Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga, poste qui renforcera encore son influence au sein des structures étatiques et du MPR.


Mme Kani aura consacré une large partie de sa vie au service de l’État et de la communauté, en bravant les obstacles et en s’imposant dans des sphères traditionnellement dominées par les hommes. Son parcours témoigne d’une détermination à faire bouger les lignes pour la place des femmes en politique.

« Elle a été une femme d’État respectée, rigoureuse et profondément engagée pour le bien de sa commune et de son pays. Sa disparition est une perte immense », déclare M. Jean-Paul Lumu, ancien collaborateur au cabinet de Bandalungwa.



Alors que les hommages affluent de toutes parts, de Kinshasa à Matadi en passant par Lubumbashi, plusieurs voix s’élèvent déjà pour réclamer que son nom soit donné à une rue, une école ou une place publique, afin d’honorer sa mémoire et rappeler aux jeunes générations le chemin parcouru par les pionnières.

« Mme Kani n’était pas seulement une politicienne. Elle était une bâtisseuse d’institutions et une formatrice de conscience. Il ne faut pas que son nom tombe dans l’oubli », conclut l’historienne Françoise Mayele.

Les obsèques de Mme Véronique Kani sont prévues dans les prochains jours en Belgique, mais une cérémonie officielle devrait également avoir lieu à Kinshasa, selon des sources proches de la famille.



Rédaction

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