RDC : 2 commandants du M23 accusés de recrutement forcé et d’exécutions ciblées de jeunes Hutu à Rutshuru

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La Cour pénale internationale (CPI) a été sollicitée en fin de semaine dernière pour ouvrir une enquête indépendante et urgente sur de possibles crimes contre l’humanité perpétrés dans le territoire de Rutshuru, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En ligne de mire : une stratégie présumée d’extermination par la faim et le recrutement forcé, imputée aux forces du M23/AFC, notamment au Colonel Amani Claude et au Général Boudoin Ngaruye.

Dans un rapport rendu public par l’organisation congolaise Badilika, les auteurs dénoncent « une autre forme de violence ciblée et systématique : le recrutement forcé de jeunes civils, principalement issus de la communauté Hutu ».

Le document fait état de l’enlèvement, le 31 juillet dernier, de plus de 100 jeunes dans la localité d’Ishasha.

Selon plusieurs sources concordantes, certains auraient été aperçus à Rutshuru, puis en direction de Runyonyi, un bastion du M23, où ils subiraient une formation militaire accélérée.

« Une fois enrôlés, ces jeunes sont placés en première ligne lors des offensives contre les FDLR, utilisés comme boucliers humains dans une logique militaire cynique et meurtrière », souligne le rapport.

Badilika estime que cette pratique s’apparente à une forme d’extermination déguisée, visant à « se débarrasser d’une partie ciblée de la jeunesse hutu ».

Le Colonel Amani Claude est également pointé du doigt pour sa responsabilité présumée dans le massacre de civils à Kiseguru, entre le 9 et le 13 juillet 2025. Ces opérations auraient été coordonnées par le Général de brigade Boudoin Ngaruye, déjà cité dans plusieurs rapports internationaux pour de graves violations des droits humains dans la région.

Les exactions signalées dans les territoires de Kiwanja et Rutshuru meurtres, enlèvements, famine organisée, transferts forcés et enrôlements non volontaires relèveraient, selon Badilika, des crimes contre l’humanité et crimes de guerre tels que définis par le Statut de Rome.

Le document invoque notamment l’article 7 du Statut, relatif aux meurtres intentionnels, à l’extermination par imposition de conditions de vie inhumaines, aux déplacements forcés et aux persécutions fondées sur l’appartenance ethnique. L’article 8, relatif à l’affamement délibéré des civils comme méthode de guerre, serait également applicable.

Badilika appelle la communauté internationale à agir sans délai.

« L’inaction équivaut à une complicité tacite face à des crimes d’une gravité extrême », conclut l’organisation.

La rédaction

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