RDC : Des ONG dénoncent l’arrestation « arbitraire » de deux défenseurs environnementaux dans le Haut-Uélé

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Une coalition d’organisations non gouvernementales congolaises du secteur environnemental, foncier et des droits humains a dénoncé mercredi dans une note officielle l’arrestation « arbitraire » et la détention « illégale » de deux défenseurs des droits environnementaux dans la province du Haut-Uélé, au nord-est de la République démocratique du Congo.

« Nous, Organisations de la société civile thématique protection de l’environnement et aspects connexes de sauvegarde sociale, sommes profondément indignées et touchées par ce cas d’atteinte à la liberté et aux droits fondamentaux », affirment les signataires dans une lettre adressée au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et à l’ANR, dont lesvolcansnews.net s’est procuré une copie.

Les deux hommes auraient été arrêtés le 2 juillet 2025 alors qu’ils menaient des activités de sensibilisation auprès des populations locales pour dénoncer des menaces de déguerpissements forcés et la démolition illégale de maisons dans des zones convoitées pour l’exploitation minière, notamment par la société Kibali Gold Mines.

« Ils sont actuellement privés de soins médicaux et maintenus dans des conditions de détention déplorables à Isiro, ce qui constitue une violation grave des droits humains », alertent les ONG.

Détention prolongée « illégale »

Les défenseurs s’appuient sur les articles 17 et 18 de la Constitution congolaise pour qualifier cette détention d’illégale. Le texte rappelle que « la liberté individuelle est garantie » et que « la garde à vue ne peut excéder 48 heures, sauf présentation devant une autorité judiciaire compétente ».

« Eu égard à ce qui précède, l’arrestation et la détention de Messieurs Sadiki et Kisuba sont devenues illégales. Elles engagent la responsabilité de l’État congolais et constituent une tentative manifeste de museler les défenseurs des droits environnementaux », dénonce Me Olivier Ndoole, signataire principal de la note.

La coalition accuse certaines autorités locales et acteurs liés au secteur minier d’être derrière ces arrestations.

« Ces attitudes frisent une complicité avec les sociétés d’exploitation minière et autres dignitaires pour monter des actions de criminalisation, d’intimidation et de répression contre les défenseurs et militants climatiques », peut-on lire dans le document.

Les organisations exigent la libération immédiate et sans condition des deux militants, et appellent les autorités à ouvrir des enquêtes indépendantes pour identifier les commanditaires de leur arrestation.

Elles exhortent également les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Droits humains à faire respecter les normes nationales et internationales en matière de détention et de droits humains.

« Nous demandons instamment la fin du climat de terreur qui règne dans les zones minières et qui empêche les défenseurs des droits de l’homme de travailler librement », déclarent les signataires.

Enfin, les ONG invitent la Monusco, la communauté internationale, et les organismes de protection des droits humains à se mobiliser pour dénoncer ces violations et à soutenir les défenseurs environnementaux en RDC.

« Il est temps d’attirer l’attention du monde sur la persécution systématique des militants écologistes et des communautés locales dans les zones minières congolaises », conclut la note.

L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH), qui coordonne ce plaidoyer, rappelle que ces pratiques vont à l’encontre des engagements internationaux de la RDC en matière de climat, de droits humains et de gouvernance environnementale.

Rédaction

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