Une nouvelle opération de bouclage a été menée à l’aube de ce mercredi dans le quartier Mabanga Sud, commune de Karisimbi, à Goma, par les rebelles de la coalition AFC/M23.
Dès les premières heures du jour, des centaines d’habitants ont été sommés de quitter leurs domiciles pour un contrôle d’identité massif organisé au stade de l’Unité, selon des témoins sur place.
Deux jeunes hommes ont été blessés par balle alors qu’ils tentaient de fuir la rafle.
Des sources locales affirment qu’ils ont été évacués dans un état critique. Ce type d’opération devient récurrent dans la ville : il s’agit du sixième bouclage enregistré dans cette commune depuis le début de l’année, officiellement justifié par “la lutte contre l’insécurité” et la “traque des infiltrés” affiliés aux FARDC, aux Wazalendo ou encore aux FDLR.
Aucune donnée chiffrée n’a été fournie par les autorités rebelles à l’issue du bouclage de ce mercredi, mais plusieurs personnes ont été interpellées, d’après les constatations des habitants.
Depuis le lancement de ces opérations, près de 800 personnes auraient été arrêtées dans Goma et dans le territoire voisin de Nyiragongo, selon des sources concordantes.
Ces arrestations visent principalement des civils soupçonnés de collusion avec des groupes hostiles à la rébellion, mais les ONG s’inquiètent de dérives.
“Nous craignons des détentions arbitraires, des actes de torture et des disparitions forcées”, alerte une membre d’une organisation locale de défense des droits humains.
Elle rappelle que “les précédentes opérations, comme celle du 3 juillet au marché Kituku, ont été entachées d’exactions non élucidées à ce jour”.
Dans une déclaration transmise à la presse,Kambere mwisa dit Lumumba, ancien militant de la LUCHA récemment nommé porte-parole du gouverneur de la rébellion de l’AFC/M23 , a rejeté ces accusations
“Nous ne procédons à aucun recrutement forcé et les opérations de sécurisation respectent les normes”, a-t-il affirmé. “Ceux qui collaborent avec les ennemis de la paix seront présentés à la justice”, a-t-il ajouté sans commenter les cas de blessés signalés ce mercredi.
Ces bouclages répétés, souvent menés sans mandat clair ni cadre légal, instaurent un climat de peur au sein de la population civile.
“On ne peut plus dormir tranquillement. Chaque matin, on redoute de voir les jeeps débarquer dans le quartier”, témoigne Chantal, mère de famille résidant à Mabanga Sud.
Comme de nombreux habitants de Goma, elle appelle à une intervention internationale pour faire cesser ce qu’elle qualifie de “traque injustifiée des innocents”.
Face à cette situation, plusieurs observateurs régionaux exhortent la communauté internationale à agir.
“Les autorités régionales et l’Union africaine doivent intervenir pour éviter un engrenage de violences incontrôlables”.
l’extension du contrôle de l’AFC/M23 dans plusieurs zones de l’est du Congo, les habitants de Goma continuent de vivre dans l’incertitude, redoutant que les prochaines opérations n’aboutissent à de nouvelles violations des droits humains.
la rédaction

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