Wilondja Mazambi Fiston, jeune journaliste congolais d’une trentaine d’années, a succombé mardi matin à ses blessures après avoir été enlevé et violemment torturé à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, actuellement sous contrôle de la coalition rebelle AFC/M23, a annoncé l’ONG Journaliste en danger (JED).
Le corps de la victime a été découvert dans une rue de la ville, baignant dans son sang, une corde nouée autour du cou. Selon JED, l’enlèvement de Fiston Wilondja a eu lieu la veille, lundi 4 août, vers 18h, près de la place Mulamba, dans le quartier Nguba, non loin de son domicile. Il aurait été embarqué de force par un « commando armé », selon des témoins cités par des sources locales contactées par l’organisation.
Transporté d’urgence par des passants à l’hôpital général de Bukavu, le journaliste est décédé à son arrivée à la salle d’urgence.
Wilondja Mazambi Fiston travaillait pour la Centrale de Monitoring des Médias, un programme de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), chargé de la surveillance éthique et déontologique des médias. Il portait sur lui sa carte de presse au moment des faits, a confirmé JED.
Selon l’organisation de défense de la liberté de la presse, le journaliste faisait partie d’un groupe de professionnels des médias qui avaient été « enrôlés de force » par le mouvement rebelle AFC/M23 pour suivre une formation idéologique, après la prise de contrôle de la ville par cette coalition appuyée par le Rwanda.
« Darius Kitoga, président de la section provinciale de l’Union nationale de la presse du Congo et responsable de la Centrale de Monitoring, a déclaré qu’il n’avait reçu aucune plainte d’ordre sécuritaire de la part de Fiston Wilondja », indique JED dans un communiqué.
L’ONG se dit « profondément consternée » par ce drame et appelle les autorités de facto dans la région à faire toute la lumière sur les circonstances de cette mort qu’elle qualifie de « non accidentelle ».
« Ce meurtre ne ressemble pas à un cas banal d’insécurité, mais bien à un acte ciblé dans ces zones occupées de l’Est de la RDC », insiste JED.
L’Union nationale de la presse du Congo n’a pas encore réagi publiquement à ce stade.
Bukavu, comme plusieurs territoires de l’Est de la République démocratique du Congo, est en proie à une grave insécurité depuis la progression des forces rebelles de l’AFC/M23, qui ont récemment renforcé leur contrôle sur la province du Sud-Kivu. Plusieurs journalistes ont quitté la province et les courageux qui y sont encore vivent dans une grande peur.
la rédaction
Sud-Kivu : un jeune journaliste retrouvé mort après son enlèvement à Bukavu, JED dénonce un assassinat ciblé
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