Accusée sur les réseaux sociaux d’avoir publié des résultats falsifiés de l’Examen d’État 2025, la ministre congolaise de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Raïssa Malu, fait face à une vague de critiques en ligne. Le ministère a réagi officiellement, dénonçant des « rumeurs infondées » et affirmant la rigueur et la transparence du processus de correction.
Depuis ce lundi soir, la toile congolaise est secouée par des messages viraux accusant la ministre Raïssa Malu d’avoir publié des résultats « fabriqués » de l’Examen d’État (Exetat) 2025, deux jours seulement après la fin des épreuves nationales. Une précipitation jugée suspecte par certains internautes, qui dénoncent un **”scandale d’État”** et une tentative de “distraction politique” à la veille de la formation du nouveau gouvernement.
« Raïssa Malu aurait fabriqué des faux résultats des examens d’État pour donner l’impression du travail accompli et distraire le président Tshisekedi », affirme une publication largement relayée sur les réseaux sociaux.
Les critiques s’appuient sur l’incohérence présumée du calendrier et des anomalies relevées dans les résultats publiés, comme des codes d’écoles partagés par plusieurs provinces ou encore l’absence de bulletins scolaires en amont de la publication.
« Il est techniquement impossible que toutes les étapes de correction, du dépouillement à la délibération du jury national, aient été accomplies en deux jours », dénonce un internaute dans un message relayé par plusieurs influenceurs.
Le ministère dément fermement
Face à cette controverse, le ministère de l’EPST n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié sur sa page X (anciennement Twitter) intitulé « Rigueur, innovation et transparence : la correction des items de l’Examen d’État 2025, un processus inédit et maîtrisé »
le ministère balaye les accusations.
« Rapidité ne rime pas avec précipitation. Grâce à l’intégration de technologies innovantes, notamment l’intelligence artificielle, le processus de correction gagne en efficacité, fiabilité et objectivité », précise le communiqué.
Le ministère assure que toutes les étapes techniques ont bien été respectées, tout en mettant en avant les progrès technologiques récents, notamment la décentralisation du Centre de Correction, le scannage automatisé des copies, et la correction assistée par IA.
« Aujourd’hui, le scanner traite entre 80 et 160 items par minute, contre seulement 8 à 16 copies par minute les années précédentes. Une avancée technologique majeure », soutient le communiqué.
Modernisation et e-Diplômes
Autre innovation évoquée : la dématérialisation du diplôme. Dès la publication des résultats, les lauréats peuvent désormais accéder à leur e-diplôme, une mesure présentée comme une avancée vers un système éducatif plus moderne et accessible.
« Les résultats publiés sont authentiques, vérifiés, et le fruit d’un travail minutieux, loin des buzz médiatiques, mais au cœur d’une transformation silencieuse et profonde du système éducatif congolais », conclut le ministère.
Enjeux politiques et crédibilité en question
Cette controverse survient dans un contexte politique délicat, à la veille de la sortie du nouveau gouvernement. Certains y voient un règlement de comptes politique ou une tentative de fragiliser la ministre récemment nommée à l’EPST. D’autres s’inquiètent plutôt pour la crédibilité du système éducatif congolais, déjà confronté à des défis logistiques et structurels majeurs.

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