Une séquence vidéo diffusée ce jeudi 31 juillet lors d’une audience de la Haute Cour militaire à Kinshasa a été présentée comme preuve accablante montrant l’ancien président Joseph Kabila en tant que leader principal de la rébellion de l’AFC-M23, mouvement actif dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La vidéo, issue d’une interview réalisée aux États-Unis par le journaliste Stanis Bujakera, met en scène Kikaya Bin Karubi, proche collaborateur de Joseph Kabila, qui défend ouvertement la présence de l’ex-président dans la région de l’Est alors occupée par les rebelles.
« Les objectifs de la rébellion sont les mêmes que ceux du président Kabila », affirme Kikaya Bin Karubi dans cette séquence, apportant ainsi un lien direct entre Joseph Kabila et le mouvement insurrectionnel.
Lors de l’audience, le lieutenant général Joseph Mutombo, premier président de la Haute Cour militaire, a annoncé la présentation de ces images en expliquant :
« L’officier du ministère public a versé à titre de preuves quelques éléments vidéos que nous allons visionner. »
Par ailleurs, la Haute Cour militaire a également pris connaissance de la réponse du Sénat à la demande de levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila.
Cette lecture a été assurée par Jeanne-Françoise Ngalula Mpiana, greffière en chef :
« …le Sénat se déclare régulièrement saisi et lève les immunités parlementaires de Joseph Kabila et donne à l’auditeur général de la Haute Cour militaire l’autorisation de le poursuivre. »
Le réquisitoire du parquet militaire, lu par la même greffière, résume les chefs d’accusation à l’encontre de l’ancien chef d’État, et souligne un faisceau de preuves démontrant son soutien au mouvement AFC-M23 :
« Un faisceau de preuves réuni prouve que le mouvement AFC bénéficie également du soutien du sénateur à vie Joseph Kabila Kabange. Notre demande de poursuite se fonde sur les articles 120 b de la loi du 18 novembre 2002 portant code judiciaire militaire. Par ailleurs, Monsieur Eric Kumba a entendu Joseph Kabila confier à Corneille Nanga que le Rwanda allait tuer le Président Félix Tshisekedi mais que Kabila suggérait plutôt qu’il soit chassé du pouvoir. Lors d’une interview accordée au journal Sunday, le sénateur à vie Joseph Kabila a avoué que l’AFC-M23 était l’expression de la volonté des Congolais et que sa présence à l’Est du Congo a été confirmée par les chaînes internationales », a précisé le colonel Jeanne-Françoise Ngalula.
Trois autres parties civiles se sont constituées jeudi à la Haute Cour militaire, représentant les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Elles soutiennent les accusations portées contre Joseph Kabila, notamment pour participation à un mouvement insurrectionnel, trahison, et occupation par la force de la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
Ce procès, ouvert ce jeudi à Kinshasa, porte sur plusieurs chefs d’accusation graves dont : la “participation à un mouvement insurrectionnel; crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par armes à feu, trahison…, ainsi que l’occupation par la force, de la ville de Goma,
la rédaction
Justice : Une vidéo accablante de Joseph Kabila en tant que « numéro 1 » de la rébellion AFC-M23 présentée à la Haute Cour militaire
Posted on

0 Comments