Tshopo : Des bio-pesticides prometteurs à base de plantes locales — une révolution verte made in RDC

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C’est une avancée scientifique majeure pour l’agriculture durable en République Démocratique du Congo : les premiers résultats des tests sur les bio-pesticides issus de plantes locales ont été présentés mardi à Kisangani, lors d’une journée portes ouvertes organisée par l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA/Yangambi) en partenariat avec le programme WAVE (Central and West African Virus Epidemiology).

« Les résultats obtenus confirment l’efficacité de seize plantes locales sur les ravageurs des cultures, offrant ainsi une alternative durable et moins toxique aux pesticides de synthèse », a souligné le professeur Godefroid Monde, directeur pays du programme WAVE-IFA/Yangambi, devant un parterre d’agronomes, de chercheurs, d’agriculteurs et de partenaires au développement.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de quête urgente d’alternatives aux produits chimiques agricoles, accusés de nuire à la santé humaine, animale, mais aussi aux écosystèmes fragiles de la région équatoriale.

Menées dans les territoires de Banalia, Isangi et Ubundu, les recherches ont permis d’identifier 44 espèces végétales, dont 30 ont été identifiées, 22 testées, et 16 jugées efficaces contre les principaux ravageurs agricoles. Parmi les combinaisons les plus redoutables, celle du tabac et du petit piment a démontré une efficacité proche de 100 % en laboratoire.

« Les pesticides chimiques sont hautement toxiques, persistants dans l’environnement et dangereux pour la santé humaine, animale et pour les écosystèmes. À l’inverse, les bio-pesticides que nous développons présentent une nocivité très faible et offrent une alternative plus sûre et durable pour l’agriculture », a martelé le professeur Monde, visiblement optimiste.

Le produit Bio-IFA, une solution faite par et pour les ruraux

Le bio-pesticide mis au point, baptisé Bio-IFA, a été pensé pour une auto-production locale : les formulations à base d’eau sont simples, peu coûteuses et adaptables à toutes les cultures — maraîchères, vivrières ou pérennes. L’objectif à court terme est de renforcer la résilience agricole tout en réduisant la dépendance aux intrants chimiques importés.

Non encore commercialisé, Bio-IFA attend son homologation officielle. Sa production à grande échelle dépendra des validations scientifiques et réglementaires en cours. Ce projet pilote, financé à 85.000 USD  dont 78.000 USD du Programme de soutien aux savanes et forêts dégradées (PSFD), et 7.000 USD du centre WAVE  s’achèvera fin 2025.

L’étape suivante ? Transformer le laboratoire en unité de production régionale, voire nationale, de bio-pesticides naturels.

« Nous lançons un appel aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’au gouvernement congolais, pour un appui renforcé à cette initiative. Notre ambition est de faire de la RDC un pôle d’innovation verte en Afrique », a conclu le professeur Monde.

Ce projet s’inscrit dans la droite ligne des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier ceux liés à la sécurité alimentaire, à la santé environnementale et à la lutte contre les changements climatiques. La science congolaise semble prête à porter un changement profond vers une agriculture plus autonome, saine, et respectueuse de l’environnement.

Rédaction

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