Équateur : Un édit en gestation pour mettre fin au chaos dans la navigation fluviale

Posted on

Une proposition d’édit visant à encadrer le secteur de la navigation en province de l’Équateur a été officiellement soumise mercredi 16 juillet, lors d’une réunion stratégique organisée à Mbandaka. Cette initiative répond à l’urgence de réguler un secteur marqué ces dernières années par une recrudescence de naufrages sur les eaux du fleuve Congo.

« Face à la question : “Que faire pour réduire les nombreux naufrages enregistrés ?” soulevée lors de la tribune d’expression populaire en juin dernier, nous nous sommes réunis, en incluant toutes les parties prenantes, pour proposer un édit pouvant aboutir à l’élaboration d’une loi destinée à rétablir l’ordre dans le secteur de la navigation », a déclaré Mme Adrienne Kisita, superviseure provinciale du bureau de développement communautaire de l’Église anglicane en Équateur.

Le constat est sans appel : le secteur fluvial souffre d’un manque criant de régulation et de coordination entre les services. Les naufrages, souvent dus à la surcharge, à la vétusté des embarcations ou à l’inexpérience des équipages, continuent d’endeuiller les familles congolaises.

Pour le chef de la division provinciale des Transports, M. Peter Baleno, le problème est structurel : « Les instructions relatives à l’ordre et au fonctionnement des services de navigation ne sont pas rigoureusement respectées. Il est donc essentiel de mettre en œuvre des mesures telles que le recensement et l’identification des armateurs et tenanciers de ports, le renforcement des capacités des services d’appui comme la DGM, la force navale, la direction de prévention des accidents, ainsi qu’une collaboration accrue entre les acteurs impliqués», a-t-il souligné.

L’édit comme levier de transformation

L’édit en préparation portera notamment sur :

* La réglementation du fonctionnement des armateurs et la construction des embarcations,
* Les mesures de sécurité à bord,
* Les conditions de navigation,
* La formation du personnel navigant,
* Le renforcement des services de sécurité.

Il est prévu que cet édit soit présenté à l’assemblée provinciale par les organisations de la société civile, afin d’en faire une base légale pour une refonte du secteur. Un comité de suivi, composé de représentants des services de l’État, d’acteurs du secteur fluvial et de la société civile, sera institué pour veiller à l’application stricte des nouvelles directives.



La réunion de Mbandaka s’inscrit dans le cadre du programme de gouvernance participative soutenu par l’Union européenne. Elle a rassemblé les principales parties prenantes du transport fluvial congolais autour du thème : « Termes de référence de la séance pédagogique d’élaboration des ébauches des politiques ».

« Ce processus marque un tournant. Il témoigne de la volonté collective d’instaurer un cadre légal cohérent et de renforcer le dialogue entre pouvoirs publics et société civile, dans une province où le fleuve est à la fois moyen de transport vital et source de drames récurrents», a résumé un participant, expert en logistique fluviale.

La rédaction

  • Share

0 Comments

Leave a comment