Alerte sur les engrais chimiques et la rareté de cash freine la campagne agricole 2025

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En République démocratique du Congo, la campagne agricole 2025 débute dans un climat tendu entre exigences sanitaires et crise financière.

Les autorités agricoles appellent à la vigilance quant à l’utilisation d’engrais chimiques, tandis qu’à l’Est du pays, les cultivateurs peinent à lancer leurs activités faute de liquidités. Un double défi qui met à rude épreuve le monde rural congolais.



Dans la province du Kwilu, au sud-ouest du pays, les cultivateurs, notamment ceux de la ville de Kikwit et ses environs, sont appelés à respecter strictement les délais avant récolte liés à l’usage des engrais chimiques. Une précaution indispensable selon les experts, afin de préserver la santé publique.

« Nous appelons les cultivateurs au respect du délai recommandé des engrais chimiques avant la récolte des légumes ; le non-respect de ce délai peut provoquer des maladies sur la santé humaine, voire même la mort par ingestion des résidus laissés par ces engrais », a alerté l’ingénieur agronome Kibolongo Motema, de l’inspection urbaine de l’agriculture.

Il a notamment insisté sur les cultures d’amarante, pour lesquelles des engrais comme l’urée ou le compost ammoniacal sont couramment utilisés. Selon lui, un délai d’au moins deux semaines entre la dernière application d’engrais et la récolte doit impérativement être respecté pour éviter toute contamination.

« Nous recommandons également l’utilisation d’engrais organiques d’origine végétale ou animale tels que les fumiers, excréments, cendres, et autres, qui sont plus sûrs pour la santé humaine et pour l’environnement », a-t-il ajouté.

À Kiwanja, la rareté du cash menace la saison culturale A 2025

Pendant ce temps, à plus de 1 200 km à l’est du pays, dans le territoire de Rutshuru, la situation est critique. À Kiwanja, ville située à 50 km au nord de Goma, la pénurie de cash dans les maisons de transfert mobile compromet sérieusement la campagne culturale A.

Les tenanciers de cabines téléphoniques, principaux relais pour les services de mobile money, affirment être en rupture de liquidités depuis plusieurs semaines. Une situation qui désarme littéralement les cultivateurs, à un moment clé : les premières pluies tombent et les semences doivent être mises en terre.

« La saison a démarré. Nous devons semer ce mois. Je comptais exploiter deux carrés, soit 50 ares, mais je ne saurais pas. J’ai eu de la peine à payer les ouvriers qui m’ont aidé à labourer mon champ. J’ai fait des va-et-vient entre GREFAMU et MABUNGO, sans succès. On manquait de cash dans tous les shops», a déploré Fidèle Misemengo Wavungi, cultivateur à Kiwanja.

La rareté du cash oblige certains à vendre leurs récoltes à bas prix ou à abandonner une partie de leurs champs. Le taux de change appliqué dans ces transactions ne fait qu’aggraver la situation : 2.800 FC pour 1 dollar retiré via mobile money, un taux bien inférieur à celui du marché.

« Cette pénurie affecte aussi les acheteurs. Même ceux qui veulent acheter mon maïs disent qu’ils n’ont pas d’argent. Nous sommes piégés. Et comme nous n’avons pas l’énergie pour labourer nous-mêmes nos champs, cela va freiner toute la saison », a-t-il ajouté, visiblement découragé.

Un avenir incertain pour l’agriculture paysanne

Entre risques sanitaires à l’ouest et blocage financier à l’est, le secteur agricole congolais fait face à un double péril. Les experts appellent à un soutien accru des autorités pour encadrer l’usage des intrants agricoles et renforcer l’accès aux services financiers dans les zones rurales.

la rédaction

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