RDC : Bintou Keita rencontre les autorités de l’AFC-M23 à Goma

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De longues heures de discussions ont eu lieu ce vendredi à Goma entre la cheffe de la Monusco, Bintou Keita, et les autorités politiques de l’AFC-M23.

Une rencontre jugée « essentielle » par les observateurs, au moment où la région de l’Est de la République démocratique du Congo reste plongée dans une instabilité persistante.

Débutées à 10 heures, les discussions ont été interrompues à 14 heures avant de reprendre à 16 heures pour s’achever peu après 19 heures, heure locale. Une journée marathon qui marque une étape décisive dans les efforts diplomatiques en cours.

« Cette visite intervient à un moment critique »

« Cette visite intervient à un moment critique, dans un contexte de tensions persistantes », a déclaré Bintou Keita à l’issue des échanges.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies a insisté sur l’urgence d’un retour à la paix durable dans l’Est du pays, où la population civile continue de payer le plus lourd tribut.

La diplomate onusienne, en prélude à son rapport au Conseil de sécurité des Nations unies, a tenu à souligner la dimension stratégique de sa présence à Goma : « Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une continuité d’efforts conjoints entamés depuis quelques mois au profit de la population. »

Volonté d’un dialogue pacifique

Selon Keita, les dirigeants de l’AFC-M23 ont exprimé leur volonté de contribuer à une solution pacifique à la crise.

« Les autorités politiques de l’AFC-M23 ont réaffirmé leur engagement pour une résolution pacifique du conflit. C’est une dynamique que nous devons encourager et accompagner. »

La Monusco se dit prête à soutenir toute initiative susceptible de favoriser le dialogue et la réconciliation.

« Notre rôle est d’appuyer les mécanismes crédibles qui peuvent ramener la paix, pas de les dicter », a-t-elle ajouté.

Une série de consultations en cascade

Avant la visite de Bintou Keita, d’autres acteurs influents ont tenté de briser l’impasse. Des représentants religieux, évêques et pasteurs issus de la CENCO et de l’ECC, avaient précédemment rencontré les autorités rebelles pour proposer un « Pacte social » en faveur d’un dialogue national inclusif.

Autre fait marquant, bien que peu médiatisé : l’ancien Président Joseph Kabila aurait lui aussi engagé des discussions avec les représentants de l’AFC-M23. Aucune déclaration officielle n’a été publiée à l’issue de cette rencontre, mais sa participation laisse entrevoir une implication plus large des figures historiques du pays dans la résolution du conflit.

Les processus internationaux en attente

Alors que plusieurs processus de paix ont été initiés sur la scène internationale — notamment à Doha et Washington — les résultats concrets se font toujours attendre.



Sur le continent africain, les facilitateurs mandatés, dont l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et le médiateur togolais Faure Gnassingbé, poursuivent leurs efforts, encore au stade des échanges préliminaires.



Sur le terrain, les affrontements sporadiques continuent dans certaines zones du Nord-Kivu, sans qu’aucun camp ne semble engranger de conquêtes décisives. L’issue des prochains jours pourrait s’avérer cruciale pour les négociations en cours.

« Il est clair que la paix ne viendra pas du jour au lendemain, mais chaque geste compte », conclut Shamamba Ndoole JEAN-CLAUDE.

Rédaction

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