Sud-Kivu : Uvira sollicitée pour être baptisée  Capitale de la Résistance face à l’agression

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Une voix forte s’est élevée vendredi dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, en faveur de la reconnaissance de cette entité comme « Capitale de la Résistance», au cours d’une journée scientifique organisée à l’initiative de l’autorité urbaine.

Une démarche symbolique mais profondément enracinée dans l’histoire récente de cette ville qui, selon ses responsables, a joué un rôle clé dans le frein à l’expansion de l’ennemi dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Aujourd’hui on a voulu réfléchir sur la situation que nous sommes en train de traverser. Nous avons réuni différentes couches de la société, nous tous avons été unanimes qu’Uvira doit être appelée capitale de la résistance puisque, par rapport à l’agression, Uvira a freiné les élans de l’ennemi, » a déclaré Kifara Kapenda Kik’y, maire adjoint et intérimaire de la ville d’Uvira.

Dans un ton ferme et déterminé, le premier citoyen de la ville a appelé à inscrire cette résistance dans les annales de l’histoire nationale, craignant que la mémoire des sacrifices consentis ne soit perdue si les acteurs eux-mêmes ne s’emploient pas à la préserver.

« Ce que nous avons fait pour stopper l’élan de l’ennemi, nous devrions chercher à inscrire Uvira dans les annales de l’histoire. Comment nous pouvons inscrire Uvira dans l’histoire si nous-mêmes nous sommes distraits ? », a-t-il lancé.

Une réflexion scientifique autour du « Uzalendo »

La journée a été placée sous le thème : « Comment incarner et capitaliser le UZALENDO (patriotisme) pour la résistance et comme solution pour sauver la RDC ».

Un thème évocateur dans un contexte où le patriotisme est de plus en plus invoqué mais parfois vidé de sa substance.

C’est dans ce cadre que le maire intérimaire a précisé l’objectif de cette rencontre : redéfinir une identité commune, bâtie sur une conscience patriotique forte.

« Nous avons invité le monde scientifique afin de réfléchir sur ce que nous vivons pour que nous puissions trouver une identité, particulièrement réfléchir sur le Uzalendo. Nous sommes une capitale de la résistance et nous allons étudier comment le devenir pour défendre la RDC, car la guerre est toujours à notre côté», a expliqué M. Kik’y.

Il a ajouté que les échanges permettront de « multiplier les stratégies » avec ceux qui sont sur le front afin de constituer « une force qui va terrifier l’ennemi ».

L’idéal, selon lui, est aussi de redonner un sens profond au terme « Muzalendo », souvent utilisé à tort et à travers, mais qui pourrait devenir une véritable marque identitaire de la population d’Uvira.

« Une fois bien défini, nous pouvons en faire notre identité, telle est notre démarche », a-t-il insisté.

Le patriotisme redéfini : l’appel des intellectuels

L’un des temps forts de cette journée a été l’intervention de Mwalimu Sumaili, conférencier et intellectuel engagé, qui a livré une réflexion critique et dense sur le concept même de patriotisme.

« Loin d’être l’amour aveugle de la patrie mutifiée, le vrai Uzalendo est l’engagement lucide pour une société plus juste. Il ne se mesure pas au nombre des balles tirées mais à la profondeur du lien que l’on cultive avec sa communauté, sa terre et sa nation», a déclaré M. Sumaili, dans une salle attentive.

Pour lui, le patriotisme doit cesser d’être un simple slogan de mobilisation conjoncturelle, pour devenir une véritable éthique vivante, inclusive, et durable.

« Le patriotisme n’est pas dans le mot mais dans les actes», a-t-il martelé.

Une initiative saluée mais à concrétiser

Cette proposition de baptiser Uvira « Capitale de la Résistance » devra maintenant franchir d’autres étapes administratives et politiques pour être entérinée à l’échelle provinciale ou nationale. Mais déjà, dans la ville et au sein de la communauté, cette reconnaissance morale semble faire l’unanimité.

Au-delà de l’émotion et du symbolisme, les acteurs présents ont souligné la nécessité d’une traduction concrète de cette reconnaissance par des investissements dans la mémoire collective, l’éducation patriotique, et le renforcement des capacités des communautés locales à résister, non seulement militairement, mais aussi culturellement et socialement.

Par la Rédaction

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