L’Assemblée nationale poursuit sa série d’actions judiciaires à l’encontre des anciens membres du gouvernement. Ce jeudi 29 mai 2025, le bureau de la Chambre basse du Parlement a annoncé la création officielle d’une commission spéciale chargée d’examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, visant l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi.
Composée d’une vingtaine de députés nationaux issus de différents groupes parlementaires, cette commission aura pour mission d’analyser en profondeur les éléments présentés par le ministère public, en vue de décider de la recevabilité ou non de l’ouverture d’une instruction judiciaire contre l’ex-grand argentier de la République.
Les auditions débuteront dès ce week-end, a confirmé un membre du bureau de l’Assemblée. Cette phase préliminaire permettra à la commission de peaufiner son cahier de charges, conformément aux directives édictées par la plénière lors de sa dernière session.
Nicolas Kazadi est accusé par le parquet de propagation de faux bruits et de divulgation de secrets d’État, à la suite de ses récentes déclarations dans les médias. Lors d’une sortie controversée, il avait laissé entendre que certains fonds publics affectés à des projets d’envergure nationale étaient détournés et répartis entre décideurs avant même le démarrage effectif des travaux.
Ces propos, jugés graves par plusieurs acteurs politiques et judiciaires, ont suscité une vive réaction du parquet général, qui y voit une atteinte à la sûreté de l’État et un manquement au devoir de réserve d’un ancien haut fonctionnaire.
Si l’ancien ministre n’a pas encore officiellement réagi à cette initiative parlementaire, l’affaire soulève d’ores et déjà un débat passionné dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux. Entre ceux qui saluent un acte de transparence et ceux qui dénoncent une chasse aux sorcières politique, les avis restent partagés.
La commission spéciale devra rendre ses conclusions dans les prochains jours. En fonction de son rapport, la plénière décidera s’il y a lieu d’autoriser formellement une instruction judiciaire contre Nicolas Kazadi, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans la lutte contre les dérives institutionnelles au sein de la République démocratique du Congo.

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