Des personnes vivant avec handicap (PVH) exercent œuvrent majoritairement dans le transport des marchandises au poste de Kasindi. Sur leurs tricycles, ceux-ci font traverser des marchandises des petits commerçants Congolais et Ougandais.
Ce trafic a permis à un bon nombre d’handicapés d’être autonomes. « Nombreux de nos membres étaient des mendiants par le passé, mais ces jours-ci, nous sommes respectés grâce à ce métier de transporteur », explique Kissa Bwira La Fontaine, Président honoraire de l’association Umoja ni Nguvu ( Union fait la force), cette plateforme dont les membres sont très actifs dans le circuit des produits de première nécessité entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Ce travail combat de plus en plus la discrimination envers les handicapés.
« Je suis veuve et mère de trois enfants. J’étais vraiment la rusée de la communauté, mais aujourd’hui, j’ai réussi à acheter une parcelle où j’ai réussi à construire une maison pour ma famille. En plus de la traversée des marchandises, j’achète aussi quelques articles en Ouganda pour les revendre à Lubiriha », explique toute souriante, Jeanne Muyisa, membre de Lève-toi et marche, une association des PVH qui exercent le commerce à la frontière.
Procédures douanières respectées
Malgré le courage de cette couche sociale, il se propage dans la société et sur les réseaux sociaux, la rumeur qui doigte les handicapés, d’être actifs dans la fraude des marchandises au niveau de la frontière. « C’est faux », rétorque Kissa Bwira La Fontaine.
Et de poursuivre, « nous sommes revêtus du statut des petits commerçants transfrontaliers. C’est pour cela que nous travaillons en respectant scrupuleusement les prescrits de la législation douanière en vigueur en RD Congo ».
Comme tous les petits commerçants transfrontaliers, des personnes vivant avec handicap disent qu’ils ne peuvent jamais faire traverser leurs marchandises ou celles de leur clientèle, sans passer par les services douaniers œuvrant au niveau de l’entrepôt à la Direction générale des douanes. Dans ce mécanisme régulateur, ajoute-t-il, le pointage se réalise bonnement et le paiement s’effectue dans le respect strict du système déclaratif.
Quelques malfrats existent
Pour Wabo Kasereka Chandema, chef de service du commerce extérieur au poste frontalier de Kasindi, le service dont il est responsable, lutte contre les tracasseries, mais aussi les harcèlements et les faux paiements. Et pendant son travail de routine, il arrive à appréhender les fraudeurs dans divers secteurs, pas seulement les handicapés. « C’est discriminatoire, le fait de dire que la fraude au niveau de la frontière est accentuée par les personnes vivant avec handicap », s’indigne-t-il.
Avis partagé par Fiston Thavugha, Point focal du marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), cette organisation régionale qui regroupe des pays d’Afrique orientale et australe pour la promotion de l’intégration économique régionale.
Il estime que chaque regroupement pourrait regorger quelques malfrat : « S’il existe quelques fraudeurs au sein des associations des personnes vivant avec handicap, cela ne signifie guère que tous les petits commerçants et transporteurs sont les hors-la-loi », conclut-il.
Paul Zaidi
Beni : faux, la fraude au poste frontalier de Kasindi n’est pas favorisée par les handicapés
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