Dans une action saluée par la communauté locale, 4 481 enfants du groupement Baswagha-Madiwe, en zone de santé de Mabalako, extrême ouest du territoire de Beni, province du Nord-Kivu, ont reçu jeudi leurs jugements supplétifs. Cette opération a été rendue possible grâce à un plaidoyer mené par le Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC), en collaboration avec le tribunal pour enfants de Beni.
Présidée par le magistrat Magadju Rhawal Sadou, l’audience s’est tenue à Bongo sous la facilitation du NRC et le financement de l’Union Européenne. Cette initiative vise à corriger une situation critique : des milliers d’enfants n’étaient pas enregistrés à l’état civil dans le délai légal de 90 jours après leur naissance.
« Nous sommes venus ici pour rendre le jugement supplétif à 4 481 enfants qui ont été recensés par le Conseil Norvégien pour les Réfugiés. Nous allons minutieusement examiner les différents dossiers afin que le tribunal rende un jugement à qui de droit », a déclaré le magistrat Sadou.
« Ceux qui n’auront pas gain de cause, ce n’est pas la fin. À l’école, il y a aussi ceux qui échouent. Certains dossiers, notamment ceux avec des noms non congolais, ne peuvent être acceptés selon la loi », a-t-il précisé, appelant les parents à une vigilance accrue dans l’enregistrement de leurs enfants.
Me Constant Kalumendo, avocat de la partie civile, a insisté sur l’importance du respect des lois pour prévenir le risque d’apatridie dans la région.
« J’apprécie le débat nourri par les interventions du tribunal, qui a été très vigilant. Certains clients viennent avec des imprécisions, ne maîtrisant pas les éléments essentiels. Nous croyons que l’œuvre qui sera rendue sera suffisamment motivée », a-t-il commenté.
« Je conseille aux parents de se conformer à la loi, car il arrivera un moment où le tribunal ne pourra plus se déplacer. Ils doivent s’approprier cette responsabilité », a-t-il ajouté.
Sur les 4 481 dossiers déposés par le NRC, seulement deux ont été jugés recevables mais non fondés, en raison d’irrégularités majeures. Une preuve, selon le magistrat Sadou, du sérieux avec lequel les dossiers ont été traités.
Les bénéficiaires, reconnaissants, ont exprimé leur gratitude envers le NRC et se sont engagés à sensibiliser d’autres parents sur l’importance de l’acte de naissance.
« Grâce à cette audience, mes enfants pourront maintenant aller à l’école sans obstacle. J’étais ignorante, mais aujourd’hui je vais éduquer les autres femmes de mon village », a témoigné une mère, les yeux brillants de soulagement.
L’action du NRC, bien que saluée, a été présentée par les autorités comme non pérenne. Un rappel clair que l’enregistrement civil dans les délais légaux demeure une obligation citoyenne.
la rédaction

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