Guerre dans l’Est : Jean-Paul Waitswalo rappelle qu’un État responsable ne doit pas abandonner ses institutions en période de crise

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La situation sécuritaire qui prévaut dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est aujourd’hui une source d’inquiétude majeure pour les autorités locales et les populations. Le M23, groupe armé actif dans la région, continue de semer la terreur, et plusieurs chefs-lieux du Nord-Kivu sont désormais sous son contrôle.

“Aujourd’hui, plusieurs chefs-lieux du Nord-Kivu sont sous occupation du M23, forçant les institutions provinciales à l’exil et plongeant l’administration locale dans une paralysie totale. Cette crise a non seulement aggravé la souffrance des populations civiles, mais elle a aussi anéanti les sources de revenus des provinces, rendant impossible la prise en charge des députés et ministres provinciaux,” déclare Jean-Paul Waitswalo, notable du Nord-Kivu.

Cette situation de crise a plongé non seulement la population dans la misère, mais a aussi eu un impact dévastateur sur les élus provinciaux. Ces derniers, délogés de leurs territoires, vivent désormais dans des conditions de précarité.

“Face à cette situation, la majorité de ces élus ne vivent plus dans leurs milieux habituels. Déplacés, déracinés, ils font face aux mêmes difficultés que les populations qu’ils représentent : insécurité, précarité financière, incertitude quant à l’avenir. Pourtant, leur rôle reste crucial. Ils sont les derniers remparts d’une gouvernance encore debout, les derniers relais entre les populations et l’État central,” poursuit Jean-Paul Waitswalo.

Dans une situation aussi difficile, la question de la rémunération des députés et ministres provinciaux devient centrale. Selon le notable, il est impératif que l’État prenne des mesures urgentes.

“Il est donc impératif que le gouvernement central prenne en charge, de manière urgente et régulière, les émoluments des députés et ministres provinciaux du Sud-Kivu et du Nord-Kivu jusqu’au rétablissement de la situation sécuritaire. Cette prise en charge ne doit pas être perçue comme un privilège, mais comme une nécessité absolue pour garantir la continuité des institutions en période de crise,” insiste-t-il.

L’argument de Jean-Paul Waitswalo est clair : un État responsable ne peut pas se permettre d’abandonner ses propres institutions en période de crise.

“Un État ne peut pas abandonner ses propres institutions lorsque l’adversité frappe. Assurer leur subsistance, c’est aussi maintenir un semblant de stabilité et éviter que l’effondrement institutionnel ne s’ajoute à la catastrophe sécuritaire en cours,” soutient-il fermement.

Pour lui, il ne s’agit pas simplement d’une question financière, mais d’un enjeu crucial pour l’avenir des institutions locales.

“Le gouvernement central doit agir avec responsabilité et diligence. Il ne s’agit pas seulement d’une question financière, mais d’une question de survie pour nos institutions et pour ceux qui portent encore la voix des populations dans ces temps troublés,” conclut-il, appelant à une intervention rapide et efficace de l’État.

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