Un atelier organisé ce jeudi 10 octobre à Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, par l’ONG Save the Children avec le parlement d’enfants, le cluster éducation, les organisations gouvernementales et humanitaires du domaine de l’éducation et de la protection de l’enfance, a mis en exergue les besoins éducatifs cruciaux des enfants déplacés.
Diego Amani, président du parlement des enfants, a souligné l’ampleur de la crise : « À ce jour, 1439 écoles des provinces du Nord-Kivu et d’Ituri ont été touchées, entraînant la fermeture de 1363 établissements scolaires, dont seulement 90 ont rouvert », a-t-il déclaré. Cette situation a des répercussions dramatiques sur l’accès à l’éducation des enfants déplacés.
En août 2024, près de 483 465 enfants, dont 208 632 filles, se trouvent dans une situation d’urgence, privés d’un accès adéquat à l’éducation. Le Nord-Kivu est particulièrement touché, avec plus de 2,5 millions de personnes déplacées, dont environ 17 % sont des enfants de moins de 5 ans.
« Plus de 137 000 enfants déplacés en âge scolaire se trouvent dans les sites de Goma et ses environs, mais seulement environ 20 000 (soit 27 %) ont eu accès à l’éducation durant l’année scolaire 2023-2024 », a précisé Diego Amani. Cette situation désastreuse contribue à une série de problèmes sociaux et sécuritaires alarmants. La privation d’éducation favorise la montée de la délinquance juvénile, les recrutements d’enfants par des groupes armés, le trafic humain et les violences basées sur le genre. Sans oublier l’exploitation économique croissante des enfants dans un contexte de crise.
Face à ce constat dramatique, plusieurs recommandations ont été émises lors de l’atelier pour répondre à l’urgence éducative. Parmi celles-ci figurent la construction immédiate d’Espaces Temporaires d’Apprentissage (ETA), la mise en place de cantines scolaires pour les enfants déplacés, et l’instauration d’un programme de « Food for Work » pour les enseignants dans ces espaces. Il a également été proposé de distribuer des kits scolaires conformes aux standards du Cluster Éducation pour garantir une meilleure qualité d’enseignement.
Pour répondre à cette crise, il est nécessaire de construire au moins 2 734 ETA et de distribuer 1 640 400 kits scolaires pour offrir à tous les enfants déplacés un accès équitable à l’éducation. Actuellement, le pays dispose de 1 222 enseignants rémunérés par le gouvernement, prêts à dispenser des cours, mais les infrastructures et les ressources sont largement insuffisantes.
L’atelier a été l’occasion de lancer un appel clair aux autorités de la République Démocratique du Congo afin de soutenir la construction des ETA et d’accélérer la distribution des kits scolaires. Ali Bululu Johnson, leader au sein du Cluster Éducation, a souligné l’urgence de la situation : « L’éducation en situation d’urgence est une nécessité mondiale. Il y a un nombre important d’enfants hors du système scolaire. L’éducation ne doit pas attendre. »
L’atelier s’est conclu par des engagements forts de la part des parties prenantes, dans le but d’améliorer l’accès à l’éducation des enfants déplacés, et ainsi offrir à ces jeunes une chance de construire un avenir meilleur malgré les circonstances dramatiques qui les affectent.
L’éducation apparaît ainsi comme un vecteur essentiel pour sortir ces enfants du cycle de la violence et de l’insécurité. Une étape indispensable pour leur permettre d’avoir un avenir digne et porteur d’espoir.
La rédaction

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