Nord-Kivu/Goma : OSC-Médias efforts unis pour lutter contre les VSBG dans les camps de déplacés

Posted on

Un atelier de réseautage entre les Organisations de la Société Civile (OSC) et les médias locaux de la ville de Goma s’est tenu au Centre de Presse de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), section Nord-Kivu, à Mont-Goma. Organisé par Journalists for Humanitarian Rights (JHR-RDC) en partenariat avec le Collectif des Radios et Télévision du Nord-Kivu (CORACON), l’événement visait à renforcer la collaboration dans la communication sur la crise humanitaire et les Violences Sexuelles et Basées sur le Genre (VSBG) dans les camps de déplacés de guerre.

Lors de cet atelier, les journalistes de divers médias, les représentants des OSC travaillant dans les camps de déplacés, et les chefs de ces sites ont échangé sur les défis de communication autour des cas de VSBG. Ils ont convenu de renforcer leur collaboration afin de mieux documenter ces cas, de sensibiliser le public et de soutenir un plaidoyer commun pour les droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles.

Défis identifiés pour la couverture médiatique des VSBG

Jarro Muhindo Kamundu, journaliste et formateur au sein du CORACON, a mis en lumière plusieurs défis rencontrés par les médias pour documenter les cas de VSBG dans les camps de déplacés. Il a noté que certains journalistes hésitent à se lancer dans la recherche d’informations, faute de moyens, tandis que d’autres se heurtent à des procédures longues et décourageantes. Il a également souligné la faible documentation des cas à inclure dans les reportages, ce qui limite l’impact du plaidoyer.

Au niveau des associations gérant les cas de VSBG, Kamundu a relevé une tendance à garder les données confidentielles pour des raisons d’exclusivité. Il a également mentionné que certaines associations mènent leur plaidoyer sans inclure les journalistes, malgré le potentiel de collaboration pour atténuer les violences.

Nécessité d’une convergence des objectifs entre OSC et médias

Noëlla Kaseke, de l’organisation Audi-Congo (Action Unie pour le Développement Intégral), a pointé un manque de convergence entre les objectifs des journalistes et ceux des humanitaires. Selon elle, les objectifs sociaux à long terme des humanitaires diffèrent souvent des attentes médiatiques, orientées vers des sujets sensationnels. Elle a également relevé que certains journalistes demandent parfois une rémunération pour couvrir des informations sur les VSBG, tandis que les organisations humanitaires fonctionnent souvent avec des moyens limités.

Mme Kaseke a plaidé pour la formation des journalistes sur la gestion des cas de VSBG et la création d’un réseau pour promouvoir une information uniforme et atteindre des objectifs communs. Elle a également suggéré que les journalistes participent aux réunions mensuelles organisées dans chaque camp de déplacés et s’intègrent aux différents groupes de travail comme Genre et Santé pour consolider le réseautage.

Un appel à une collaboration renforcée

Justine Mukamanzi Kabango, présidente du camp de déplacés de Rusayo 2, a exprimé l’ouverture des déplacés de guerre à collaborer avec les médias pour réduire les préjugés et les stéréotypes. Elle a estimé que cette collaboration favoriserait un meilleur travail conjoint et une communication plus efficace.

Les participants ont également souligné l’importance d’informer les OSC sur le travail des journalistes et de les impliquer davantage dans la lutte contre les VSBG dans les camps de déplacés de guerre.

L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Canada-Monde : la voix des femmes et des filles », dont l’objectif est de renforcer les droits des femmes et des jeunes filles. Mis en œuvre depuis 2019, ce projet est prolongé jusqu’en 2027.

Magloire MUTULWA

  • Share

0 Comments

Leave a comment