Beni-Banditisme à Kasindi : le dessous des cartes analysé par Paul Zaïdi

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Dans l’observation du banditisme, l’analyse territoriale représente une vieille et luxuriante branche. Initialement, elle cible en priorité le délinquant et son passage à l’acte. À l’arrière-plan, c’est les migrations qui sont mises en exergue surtout visées ;

• “Les bandits qui opèrent à Kasindi ces derniers temps, viennent des villes de Butembo, Beni et Goma ainsi que d’autres agglomérations urbaines du district de Kasese en Ouganda voisin”.

C’est l’essentiel à retenir d’un récent rapport du comité local de sécurité rendu public, dans une réunion élargie aux couches de la société civile forces vives sous noyau du groupement Basongora, qui eu lieu au temple de l’église Adventiste du 7 èm jour à Lubiriha, et qui avait été présidée par le chef du secteur de Ruwenzori M Boozi Sindiwako Bin Vuhaka). Et ce jour-là, un échantillon des bandits avait été présenté à la presse locale.

Dès lors, l’étude historique des rapports entre le réseau des bandits et leurs antagonistes parfois des tenants de la parcelle du pouvoir (Exemple ; l’attaque de la CADECO Kasindi il y a quelques années passées, un certain responsable des renseignements avait fait objet d’arrestation au niveau de l’auditorat militaire garnison de Beni).

Cette allure rend inévitable une réflexion sur l’importation du mode opératoire à l’instar du phénomène Kasuku, d’une supposée collaboration entre les hommes en uniforme avec les malfrats et d’une faiblesse prononcée de l’action judiciaire du fait que, les coupables sont libérés quelques seulement après l’arrestation.

Cette problématique du banditisme à Kasindi impose, dans une perspective diachronique, de caractériser les liens que l’on peut établir entre cette forme de déviance et le domaine de la politique sécuritaire mise en place par le comité local de sécurité, qui accuse très souvent ;

• Une logistique médiocre même pour l’approvisionnement du carburant destiné à véhiculer la djeep de la police nationale congolaise, pour les interventions rapides et les patrouilles diurnes tout comme nocturnes.

“Lorsqu’on arrête les gens qui se promènent tardivement au-delà des heures fixées avant le couvre-feu, l’argent qu’ils payent en fonction des amandes transactionnelles, nous sert régulièrement pour l’achat du carburant pour la mobilité de la djeep de la police nationale congolaise”, avait-il affirmé l’officier de police judiciaire Mopero, chargé de l’administration et des opérations à la PNC commissariat de Kasindi.

C’est vrai que, les sources judiciaires et policières permettent d’identifier et d’étudier les infractions renvoyant à des activités régulières de bandes ou de réseaux criminels. Elles témoignent d’abord que les bandes criminelles rurales caractéristiques du laisser aller, dans la réglementation des endroits de loisirs ;

(cafétéria…, Bars…, Hôtels indigènes appelés communément QG où, l’on vend abusivement les boissons en teneur élevée d’alcool, les stupéfiants et les produits hypnotisants).

Le taux élevé du chômage entraîne de manière inévitable, la délinquance qui est un fait social qui n’épargne aucune société humaine. Mais l’universalité du phénomène n’exclut pas son évolution.

La démographie, la tendance de l’urbanisation de la cité frontalière de Kasindi, le développement économique, le changement social sont autant de facteurs qui conditionnent les variations dans l’épanouissement du banditisme et celà s’ajoute, l’homogénéité des habitants de cette partie du secteur de Ruwenzori.

Et donc, les victimes des cas du banditisme qui s’enregistrent à Kasindi-Lubiriha souffrent de blessures physiques, de pertes financières et de troubles psychologiques. Selon les victimes, les séquelles psychologiques sont les plus difficiles à assumer.

PAUL ZAÏDI

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