Au moins seize civils ont été tués dans la nuit du mardi au mercredi 3 juin à Matete, Kitoho et Kingeche, en secteur de Beni-Mbau, territoire de Beni, au Nord-Kivu, lors d’attaques meurtrières attribuées à des assaillants armés, provoquant une journée ville morte observée ce mercredi.
La psychose a gagné plusieurs agglomérations de la région après ces violences qui ont coûté la vie à de nombreux habitants. Parmi les victimes figurent notamment un pasteur de l’Église kimbanguiste, son épouse et leur fille, un enseignant, deux épouses de policiers ainsi qu’un nourrisson, selon des sources locales.
D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, les assaillants auraient agi en trois groupes distincts afin de contourner les dispositifs sécuritaires déployés dans la zone.
Un premier groupe aurait attaqué un lieu de deuil à Matete, faisant plusieurs victimes et mobilisant les forces de sécurité. Pendant ce temps, un deuxième groupe se serait introduit à Kitoho où plusieurs civils auraient été tués à l’arme blanche. Un troisième groupe aurait traversé la Route nationale numéro 4 pour s’en prendre à des familles de policiers engagés dans les opérations de riposte.
Face à cette nouvelle tragédie, la société civile a appelé la population à observer une journée de deuil ce mercredi. L’appel a été largement suivi dans le chef-lieu du territoire de Beni ainsi qu’à Beni-ville, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu.
Les activités scolaires ont été suspendues dans plusieurs établissements publics et privés. Les responsables d’écoles ont préféré renvoyer les élèves à leurs domiciles dès les premières heures de la matinée. Les commerces, boutiques et stations-service sont restés fermés, tandis que certaines banques ont fonctionné à guichets fermés. Seules quelques pharmacies ont maintenu leurs services.
Dans plusieurs quartiers de Beni, des éléments de la Police nationale congolaise ont été déployés pour prévenir d’éventuels débordements. Malgré cette présence sécuritaire, des manifestations spontanées ont été signalées dans certains points jugés sensibles de la ville.
La société civile de Beni-Mbau affirme également que certains assaillants seraient encore visibles dans les environs des villages attaqués. Elle appelle les habitants des localités voisines, notamment Musuku et Mangina, à renforcer leur vigilance et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Alors que le bilan officiel provisoire fait état d’au moins seize morts, certaines sources locales avancent un chiffre de vingt-quatre victimes. Les autorités compétentes ne se sont pas encore prononcées sur ces chiffres divergents.
Cette nouvelle attaque rappelle la persistance de l’insécurité dans le territoire de Beni. Depuis plusieurs années, cette partie du Nord-Kivu enregistre régulièrement des incursions meurtrières contre les populations civiles. Malgré les opérations militaires menées dans la région, des centaines de civils ont déjà perdu la vie au cours des dernières années et plusieurs villages continuent de vivre sous la menace permanente des violences armées.
La rédaction

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