La fermeture des écoles et le manque d’activités d’encadrement en faveur des jeunes et des adolescents engendre des conséquences désastreuses sur cette catégorie de la population du territoire de Rutshuru.
Les élèves et écoliers traversent des moments difficiles pendant cette période de la guerre. Il y a aujourd’hui moins d’initiative pour encadrer cette catégorie de la population, pourtant elle est plus affectée par la guerre. Depuis plus de huit mois, les écoles de Kiwanja en particulier ne sont pas opérationnelles.
Nombreux parents interrogés dans la commune de Rutshuru dans le cadre de cette enquête affirment qu’ils ont du mal à contrôler les enfants pendant cette période.
Selon une mère que nous avons interrogée et à qui nous donnons le nom de « Rose » pour garder son anonymat, elle affirme que ces enfants passent la journée dans la Rue. Pour elle, les enfants sont devenus aujourd’hui difficile à contrôler. Madame Rose estime que ceci est la conséquence du manque d’activité d’encadrement en faveur de ces enfants y compris les activités scolaires. Pour madame Rose, si les activités scolaires ne reprennent pas le pur sera inévitable.
« Le fait de suspendre les activités scolaires impactent sur le gestion des enfants. Des enfants se comportent comme ceux de la Rue (shegue), des filles circulent dans les rues sans rien n’à faire. Des jeunes garçons prennent de l’alcool et s’initient déjà aux mauvaises pratiques. Nous ne sommes plus à mesure de gérer les enfants. Si l’année scolaire prochaine passe comme celle-ci ça sera grave » explique ce parent.
Les conséquences de la suspension des activités scolaires sur la vie des jeunes filles
La plus grave conséquence que nous avons identifiée est le mariage précoce chez les jeunes filles et les grossesses précoces chez les autres. Nous avons interrogé une fille, ancienne élève de la quatrième année des humanités, nous l’appelons ici Beatrice pour garder son anonymat. Beatrice est actuellement enceinte.
Depuis la fermeture des écoles, elle passait la journée chez son collègue de classe pour passer du temps et se distraire. Son collègue est également adolescent, Et donc Beatrice est obligée de rester chez ces parents. Pour elle, c’est l’école qui l’a protégé et veut que l’école reprenne pour sauver d’autres enfants comme elle.
« Nous voulons que les activités scolaires reprennent. Le fait de suspendre les activités scolaires engendre des problèmes sur notre vie. L’école nous protégeait vraiment. Vous me voyez, actuellement je suis enceinte et je ne sais plus quoi faire, je souhaite que les activités scolaires reprennent pour que les filles comme moi ne puissent pas tomber dans la même erreur comme moi » plaide cette adolescente.
Actuellement aucune étude officielle n’a été réalisée pour déterminer l’ampleur des conséquences de la guerre en cour dans le territoire de Rutshuru sur les jeunes. Ce pendant selon l’Unicef la fermeture des activités scolaires en particulier dans les zones affectées par les conflits pourrait accroitre également les risques que les enfants soient recruter par les groupes armés ou soumis aux travaux forcés.
Dieu-Merci Mumbere
Suspension des activités scolaires à Rutshuru : Des parents en difficulté de gérer leurs enfants (Reportage)
Posted on

0 Comments