À la surprise générale du commun des mortels couverts de boue, les véhicules zigzaguent pour éviter les nids-de-poule, mais ne peuvent contourner les énormes crevasses inondées. L’unique route qui permet de sortir de la cité frontalière de Kasindi pour rallier la province du Nord-Kivu à d’autres villes du pays (pour le transport des produits manufacturés), est un enfer pour les chauffeurs des véhicules automobiles.
En effet, des dizaines de camions se succèdent avec leur cargaison de bois sciés, des carburants, de produits agricoles et autres marchandises diverses, au milieu desquels les véhicules particuliers et les minibus de passagers tentent de se frayer un chemin.
Et donc, avec la pluie qui tombe 8 mois sur 12 dans cette région tropicale, la route nationale numéro 4 axe Beni-Kasindi long de 80 Kilomètres est le plus souvent un véritable bourbier, en dépit des travaux de modernisation effectués par l’entreprise indienne Dott-Service Limited et dont le go avait été donné par les présidents Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Yoweri Kaguta Museveni respectivement de la République Démocratique du Congo et de l’Ouganda l’année dernière à Lubiriha.
C’est qui énerve les esprits est que, cette route est un axe vital pour l’économie congolaise et l’approvisionnement des villes des Butembo, Bunia et Kisangani. Pendant qu’une grande majorité des produits manufacturés consommés par les citoyens de l’Est viennent en effet de la Chine, le Kenya, l’Inde et de l’Ouganda.
Le voyage n’est pas sans risques sur la Rn4, les énormes charges des camions qui zigzaguent tout au long du trajet, vacillent dangereusement juste à coté des voitures, des mini-bus et des taxi-motos de transport en commun. De nombreux accidents mortels ont régulièrement lieu sur cet axe.
La police de la circulation routière (PCR) et la commission nationale pour la prévention routière (CNPR) n’intervient qu’aux moments des désagrément routiers soit pour arrêtés les véhicules accidentés et le mettre en fourrière, ou soit pour juste contrôler les documents de bord.
Les attributaires sur cette route s’occupent toujours à remblayer les trous plusieurs mois après l’obtention du marché sous le règne du gouverneur Julien Paluku Kahongya, l’actuel ministre de l’industrie en RD Congo.
Récemment, un pont jeté sur la rivière Lume s’était effondré, le gouvernement et ses partenaires ont été incapables de construire un pont moderne dans l’urgence. Ces derniers se sont réjouis d’ériger un mini pont confondu à une passerelle. Puisque incapable de faciliter le transport des gros véhicules automobiles transportant une charge estimée à plus de 70 tonnes.
Le malheur n’arrive jamais seul, dit-on prosaïquement. Si à cause de la restriction de la quantité des marchandises à transporter, les prix des produits de première nécessitée galopent sur le marché, il est désormais impossible de ravitailler comme auparavant les régimes de bananes en Ouganda voisin, la même triste réalité s’impose aux commerçants des produits agricoles.
Entre-temps, les tracasseries des agents de l’ordre se porte très bien aux niveaux de certains points de contrôle sécuritaire. Chaque chauffeur est obligé de donner entre 500 et 1000 francs congolais aux hommes en uniforme.
PAUL ZAÏDI
Nord-Kivu : Etat désastreux et ténébreux de la RN 4, l’inattention du gouvernement choque sur l’axe Beni-Kasindi (reportage)
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