Tout d’abord, les merveilles du massif de Ruwenzori n’est pas seulement ses neiges et les pluies perpétuelles. C’est aussi et surtout, la culture du café dans une diversité approuvée de Arabica connue pour être adoptée sur des hautes terres.
Cependant, la forêt de la région agricole de Ruwenzori était défrichée par les cacaoculteurs et les caféiculteurs depuis l’époque coloniale et cette aventure agricole s’est net arrêté lors de l’avènement du terrorisme orchestré par les groupes armés locaux et étrangers dont notamment, les ADF/MTM.
” Pour les planteurs, la tentation de la rentabilité est souvent plus forte que toute considération environnementale : une jeune plantation dans un milieu vierge offrait trop d’avantages pour y renoncer : fertilité des sols, absence de mauvaise herbe, peu ou pas d’insectes, facilité d’entretien, mais aujourd’hui la culture du café n’est plus d’actualité dans cette partie du territoire de Beni, suite à l’escalade de l’insécurité”, a indiqué à lesvolcansnews.net M. Thomas Kataliko membre du collectif des agronomes dans la région des grands lacs.
À en croire cette élite ougandaise sur le rôle essentiel de la forêt dans la préservation du climat, le constat est là ;
Dans la région de Ruwenzori qui relie la République Démocratique du Congo et l’Ouganda à travers les chaines des montagnes, les cacaos et les cafés sont les principaux moteurs de la déforestation. Or la forêt joue un rôle indéniable dans la préservation du climat, puisqu’elle a une influence sur l’abondance et la régularité des pluies, sur la régulation de la température régionale ou encore sur le stockage de CO2.
Autre effet important, une pluie qui tombe sur des sols nus ou sur une plantation de cacao s’évapore plus vite, elle est beaucoup moins « utile » qu’une pluie qui tombe sur une forêt tropicale.
Selon l’écologiste Kasereka Vyambite coordonnateur du collectif des jeunes pour la protection de l’environnement (COJPN), “indirectement la culture de cacao alimente donc les perturbations climatiques. Mais les planteurs sont aussi les premiers à subir en retour les effets de ces changements”.
À lui d’ajouter que : “Il y a quelques années le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) tirait déjà la sonnette d’alarme : d’ici à 2050, les zones favorables à la culture du cacao pourraient baisser drastiquement en Afrique de l’Ouest, faute de pluviométrie et d’humidité suffisante”.
Il convient de signaler en outre que, plus de 1800 caféiculteurs regroupés au sein des coopératives agronomiques sont actifs dans le massif de Ruwenzori en territoire de Beni au Nord-Kivu à la frontière entre la RDC et l’Ouganda.
Ces structures agricoles ne sont pas encore en mesure de transformer le café produit. Elle se limite à la production, la collecte, le traitement et la commercialisation du café produit par ses membres réunis dans diverses Micro-Stations de Lavage (M.S.L.).
PAUL ZAÏDI
Beni : Les cultures du cacao et du café entrainent l’insécurité et le changement climatique
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