De l’état de délabrement ou bâtiment au lambeaux en passant par des classes pléthoriques à plus de 180 écoliers par salle de classe, la gratuité de l’enseignement est amèrement consommée dans plusieurs écoles primaires du territoire de Masisi, dans la province éducationnelle de l’EPST Nord-Kivu III.
Ce constat est du président territorial de la Force syndicale Nationale FOSYNAT en sigle, Bandu Bauma Exaucé, qui a clôturé sa tournée effectuée dans plusieurs écoles afin d’avoir une idée sur l’effectivité de la gratuité de l’enseignement mais aussi se rassurer des conditions de travail de l’enseignant du territoire de Masisi au début de cette rentrée scolaire 2022-2023.
Tout en assurant que le respect de la gratuité de l’enseignement est quasi-total dans les écoles primaires visitées, celui-ci s’indigne néanmoins des conditions de travail des enseignants qui font face aux classes pléthoriques notifiant jusqu’à plus de 180 écoliers mais aussi des infrastructures complètement délabrées ou presque inexistantes.

Il cite à titre illustratif l’EPA Nyabiondo, l’EP Kautu, l’EP Kinyumba, l’EP Kashe, l’EP Munoza (…).
«Après notre tournée nous avons compris que la gratuité est respectée partout où on est passé, mais, chose à décrier est que ce sont les enseignants qui sont victimes de cette mesure car dans certaines écoles on trouve des effectifs d’écoliers depassant le niveau, allant de fois à 100, 150, voire 180 écoliers pendant que l’instruction parle de 50 ou 55 par classe au maximum. Cette situation ne peut en aucun cas permettre la bonne compréhension de l’enfant mais aussi c’est un danger pour l’enseignant qui risque de faire face à certaines maladies», indique Bandu Bauma Exaucé.
Et de poursuivre,
«certains enseignants non payés tiennent difficilement, d’autres ont dû abandonner la carrière laissant les écoliers à la charge des enseignants payés, c’est le cas de l’EPA Nyabiondo qui avait 16 enseignants en fonction de 16 classes, malheureusement suite au non payement, 8 enseignants non payés sont partis laissant les écoliers aux 8 enseignants payés par l’Etat».

Au delà de ce problème, Celui-ci renseigne que d’autres écoles sont en état de délabrement très avancés pendant que d’autres n’ont près que pas de bâtiments.
«Nous avons constaté avec amertume un délabrement intense de certaines écoles, d’autres presque non construites ayant les chaumes comme toiture. Avec la pluie qui a commencée, vous allez trouver des enfants qui vont passer même trois jours à la maison suite à l’impraticabilité de leurs établissements», renchérit-il.

La même situation est reportée par des mouvements des jeunes dans le groupement Kamuronza en chefferie des Bahunde, dans le même territoire. Ceux-ci nous ont partagé des photos des écoles en délabrement avancés pour interpeller les autorités. C’est par exemple le cas à Sake de l’EP Luhanga et de l’EP Kasinga (…).

Pour Bandu Bauma Exaucé, le gouvernement congolais pour y remédier doit répondre à ses engagements en octroyant au plus vite les arrêtés de changement de structure, renforcer les écoles primaires en manuels, la construction des bâtiments dignes permettant aux enfants d’étudier dans des meilleures conditions sans oublier la prise en charge adéquate de l’enseignant en payant les 2e et les 3e paliers, en payant également les Nouvelles unités (NU) et enseignants non payés (NP).
Toutefois, il lance un appel aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté de venir en aide à ces écoles afin de sauver cette gratuite qui fait face à multiples défis.
Jérémie Kabali

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