Au total, deux enfants sont entre des mains des inconnus qui réclament des rançons à leurs familles avant de relâcher leurs jeunes otages. C’en est assez, pour le mouvement citoyen ‘Véranda Mutsanga’.
De ces deux cas, le plus récent est celui de dimanche qui a vu un enfant de 2 ans emporté par des inconnus, au quartier Katoy. Le cas du deuxième enfant qui est âgé de 10 ans date du 17 novembre dernier, au quartier Ndosho, toujours dans l’Ouest de Goma. Les ravisseurs réclament des rançons.
C’est une situation qui révolte la véranda Mutsanga qui, à la limite, soupçonne une complicité avec des autorités de services de sécurité. ‘’ Il y’a un flou dans tout ça. Comment dès que les étudiants ont mis en garde le gouvernement, directement des personnes kidnappées ont été retrouvées ?’’, s’interroge Patrick Ricky Paluku, point focal à Goma de la véranda Mutsanga.
L’activiste fait à ce niveau référence au couple de fiancés, étudiant à l’université catholique de la Sampiesa, à Goma, qui ont été retrouvés ce lundi soir, dans la cité de Sake, localisée à environ 30Km à l’ouest de Goma. Pris dans leur taxi, au quartier lac-vert, vers 17h, les deux étudiants et leur chauffeur ont été emportés en brousse par leurs ravisseurs, c’était la semaine passée. Ils ont, alors qu’ils pressaient leurs familles à débourser une rançon, diffusé dans les réseaux sociaux des photos de leurs otages où l’on pouvait les voir les menacer en leur brandissant un fusil et une machette.
Il a fallu un ultimatum et une manifestation d’étudiants et de conducteurs ce lundi pour obtenir leur relâchement dans la soirée. Ce mardi 14 décembre, à minuit, dans le village de Rukorwe, à la limite entre Goma et le territoire de Nyiragongo, un vieil homme a été enlevé et un jeune homme blessé par balles, lors d’une incursion d’hommes armés qui ont tiré plusieurs balles, rapporte l’Ong des droits de l’homme CADEPA-ZABURI 133.
La passivité des autorités pointée !
C’est l’impression qu’a la véranda Mutsanga. ‘’Comment se fait-il que des gens sont kidnappés, emportés en toute indifférence de la police qui laisse les familles victimes se débattre toutes seules ? Elle(Police) ne fait pas son travail, elle ne fait pas de recherches’’, dénonce Patrick Ricky Paluku.
Cette indifférence est aussi perceptible à plusieurs autres niveaux, laisse entendre l’opinion à Goma qui se plaint de la non-amélioration de la situation sécuritaire dans la ville malgré la présence d’une administration militaire. Cela s’illustre par des meurtres récurrents des changeurs de monnaie dont le plus récent vient d’avoir lieu ce mardi soir. Un jeune changeur de monnaie a été abattu par des hommes armés, à l’entrée de la CBCA-Ndosho, dans l’ouest de Goma. Presque chaque mois, un changeur de monnaie est tué à Goma, depuis 2020.
L’insécurité, c’est aussi des assassinats isolés. Le cas illustratif est celui d’un jeune homme tué par balles par des bandits armés, ce lundi soir à 22h, au quartier Murara. Ses tueurs courent toujours !
Pour plus d’un observateur, dans l’opinion à Goma, la situation sécuritaire précaire avant la proclamation de l’Etat de siège est égale à pendant l’Etat de siège. Les mesures de sécurité récemment annoncées que ce soit en termes de couvre-feu, bouclage ou limitation d’heures de travail, notamment pour les changeurs de monnaie n’ont pas pu faire évoluer la situation.
Frédéric Feruzi

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