Le monde célèbre ce 20 novembre la journée de l’enfant. Le parlement d’enfant du Nord-Kivu l’a passée sous le thème :’’En situation de conflit, les enfants doivent continuer à avoir droit à une éducation de qualité et à la paix’’.
Sous un thème aussi revendicateur, il est tout naturel que les enfants aient abordé principalement la situation sécuritaire au Nord-Kivu et la question de la rentrée scolaire qui reste bloquée dans les écoles publiques de la RDC, depuis deux mois.
Pour les quelques 6 enfants parlementaires mis en avant pour prendre la parole au nom du parlement d’enfants, lors de la célébration de la journée du 20 novembre, le retard pris dans la rentrée scolaire est préoccupant. ‘’Ils avaient promis la gratuité scolaire aux parents qui sont toujours en attente mais curieusement il n’y a pas de réalisation. Si cela devient pesant pour le gouvernement, il doit laisser nos parents payés car c’est pour notre bien’’, dit Safi Semanza.
‘’Ils ne pourront pas nous donner une bonne éducation s’ils ont faim, alors on devrait leur donner leurs salaires pour qu’ils puissent nous enseigner correctement’’, fait observer de son coté Diego Amani.
Les télécoms inquiètent les enfants dans les kidnappings d’enfants
Les enfants interpellent les autorités sur le rôle que les maisons de télécommunication peuvent jouer dans la répression du phénomène kidnapping au Nord-Kivu et à Goma. Jusqu’ici, ces maisons sont largement critiquées dans la région du fait qu’elles ne dénoncent pas les ravisseurs qui utilisent leurs services pour obtenir des rançons de proches leurs victimes.
‘’Les autorités doivent collaborer avec les maisons de télécommunication, par exemple Airtel, pour qu’ils puissent démanteler ces réseaux de kidnappeurs’’, conseille Diego Amani
Grâce à cette collaboration, les services de sécurité peuvent arriver à localiser les kidnappeurs dès qu’ils essaient d’entrer en contact avec les familles de leurs otages, précise Ketia Babingwa.
Safi Semanza croit que c’est le moment pour les autorités d’honorer leur engagement à sécuriser la population et ses biens. Elle attend d’elles qu’elles prennent leurs responsabilités.
Avant la mesure exceptionnelle de l’Etat de siège, les cas de kidnappings étaient quasi-quotidiens à Goma. Après cette mesure, une certaine amélioration a été observée car des cas continuent d’être rapportés dans les quartiers populaires de l’Ouest de Goma, selon le parlement. Sa présidente se félicite aussi de la reprise des activités du tribunal pour enfant qui n’opérait plus à la suite de l’instauration de l’Etat de siège. Cela est un fruit des plaidoyers du parlement d’enfant, laisse entendre Vanessa Kilanji.
Pour cette dernière, il était inquiétant que les cas des enfants en conflit avec la loi soient traités à l’auditorat militaire qui n’hésitait pas à emprisonner certains enfants alors qu’eux ne peuvent être transférés qu’à l’établissement de garde pour enfants en conflits avec la loi ‘EGEE’.
Frédéric Feruzi

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