Changement climatique à Goma : voici les ronds-points les plus pollués où il ne faut pas emmener vos bébés

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Par Frédéric Feruzi

Des sources concordantes d’environnementalistes, l’activité humaine est la principale source de la pollution de l’air dans la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC. Les petits enfants surtout en sortent les plus grandes victimes, de par leur fragilité.

Thérèse Monsange est licenciée en  environnement et gestion de changement climatique. L’année passée, cette intellectuelle s’est penchée sur la question de la pollution de l’air dans la ville de Goma, avant de présenter les conclusions de ce mémoire fin 2020.

Outillée d’un appareil de mesure de la pollution de l’air, obtenu à l’observatoire volcanologique de Goma (OVG), Thérèse a fait régulièrement le tour de la ville pour évaluer la qualité de l’air que les gens respirent à Goma. Les résultats sont inquiétants pour certaines parties de la ville touristique, notamment pour les enfants de moins de 5 ans, selon la chercheuse. ‘’L’air de Goma est actuellement pollué’’, soutient de son côté, le master en environnement et chimiste à l’université de Goma, Gédéon Muhindo.  

Thérèse Monsange explique qu’il y’a pollution dès qu’il y’a beaucoup plus de polluants dans l’atmosphère alors que la nature n’arrive plus à s’autoréguler. Cette situation est vécue à Goma durant la journée à des degrés différents, entre 8h et 20h, pendant la circulation des engins à moteur, fait-elle savoir, se basant sur des données instrumentales.

Lors de ses descentes sur terrain, elle a pu observer que le rond-point Rutshuru est l’endroit le plus pollué de la ville de Goma. Derrière lui, il y’a le rond-point Signers, le rond-point Instigo, le rond-point Mutinga, le terminus-Ulpgl, les marchés de Nyabushongo et de Majengo.

Les bébés de moins de 5 ans doivent être protégés en premier

La chercheuse accuse principalement les véhicules et les motos qui dégagent les dioxydes de carbone et de souffre, à leur passage. Alors que le niveau normal de polluants dans l’air est situé entre 300 et 350 parties par millions (PPM, l’unité de mesure), à Goma, Thérèse a pu enregistrer une moyenne de 500 PPM et parfois 1000 PPM voire 1200 durant les heures de pointe de la circulation routière, autour de 8h, 12h et 18h.

Ses recherches ont montré que les véhicules à moteur diesel sont les plus grands polluants. Et dans ce cas, Thérèse Monsange accuse les camions-citernes qui font des navettes entre le lac-Kivu et les quartiers excentriques de Goma. Outre les véhicules, l’environnementaliste fait observer la pollution due à l’activité du volcan Nyiragongo qui renvoie des particules fines sur la ville de Goma et ses environs. A ce niveau, Thérèse Monsange se fait appuyer par le directeur du département de géochimie et environnement de l’OVG. ‘’ Ce que les gens doivent savoir c’est que après l’éruption du Nyiragongo du 22 mai 2021, il y’a la croute qui était au-dessus du lac des laves qui a commencé à s’effondrer au fur et à mesure, et jusqu’aujourd’hui elle n’est pas encore terminée. Elle tombe partie par partie. Et quand une partie tombe, il y’a vraiment une nuée de poussières qui va dans l’atmosphère, et ça pollue les environs, la ville de Goma y compris’’, explique Mathieu Yalire.

Thérèse Monsange associe la pollution liée à l’activité humaine et au volcan Nyiragongo au phénomène du changement climatique qui affecte actuellement la population. Comme le scientifique Mathieu Yalire de l’OVG, elle plaide pour la protection de plus vulnérables, les personnes du 3ème âge et surtout les enfants de moins de 5ans. ‘’Les bébés, on peut vraiment les couvrir ou on les laisse à la maison, parce que c’est vraiment beaucoup trop risquant, seulement que les gens le prennent à la légère parce qu’ils ne savent pas vraiment c’est quoi le risque’’, explique Thérèse Monsange.

Outre le fait que les poumons peuvent être affectés, la chercheuse fait savoir que les victimes de la pollution sont susceptibles de développer d’autres types de maladies sur le long terme. Pour préserver la santé des enfants notamment, Thérèse Monsange recommande aux autorités la suppression des véhicules à moteur diesel dans la circulation ou les autoriser uniquement pendant des heures de nuit où les personnes ne sont plus en circulation.

Elle invite également chaque ménage de Goma à planter ne fus-ce qu’un arbre pour trouver l’équilibre, car les arbres absorbent les dioxydes de carbone et fournissent une bonne qualité d’air.               

  

 

 

 

 

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