La société civile du groupement Bukombo en territoire de Rutshuru au Nord-Kivu alerte sur la situation humanitaire précaire des déplacés cantonnés à Bukombo centre. Selon le président de cette structure citoyenne, ces déplacés ont fui les affrontements entre les FARDC et le Collectif des Mouvements pour le Changement “CMC”, un groupe armé actif dans la chefferie de Bwito.
Jean Marie Vianney KALIMUNDA précise que ces derniers qui vivent pour certains dans des familles d’accueil et d’autres dans les écoles et églises, manquent de tout. Il appelle le gouvernement congolais et les organisations humanitaires à les assister en vivres et non vivres en attendant que le calme revienne dans leurs villages d’origine.
“La situation humanitaire de ces déplacés est vraiment critique. Ils n’ont rien. Ils ont tout abandonné lorsqu’ils ont fui les affrontements. Il y a ceux qui passent nuit dans les écoles, d’autres dans les églises et d’autres encore dans les familles d’accueil sans aucune assistance. Les déplacés internes manquent de tout à Bukombo. Que le gouvernement leur vienne en aide en attendant que la situation sécuritaire se normalise dans leurs villages d’origine,” a plaidé Jean Marie Vianney KALIMUNDA, président du noyau de la société civile de Bukombo.
Une semaine avant, le mouvement citoyen Vision pour la Victoire du Peuple, une structure oeuvrant dans la chefferie de Bwito a aussi alerté sur le déplacement massif de la population, conséquences des opérations lancées par l’armée régulière contre les groupes armés dans la zone.
Son responsable a indiqué à travers un communiqué de presse, que la situation sécuritaire et humanitaire des nouveaux déplacés venus de plusieurs villages des groupements de Bukombo et Tongo en chef de Bwito redevenait préoccupante.
A travers ce document, Maître Héritier Gashegu a fait savoir que c’est depuis vendredi le 29 janvier 2021 que les éléments de l’armée loyaliste ont relancé des opérations militaires contre les groupes armés dont le Collectif de Mouvements pour le Changement ” CMC/FDP”.
“Ces opérations militaires ont visé les villages de Rusekera, Mudugudu, Muhindo et Kitwayovu dans le groupement de Tongo et Shonyi, Kanage, Muhanga et Kavumu dans le groupement de Bukombo,” peut-on lire dans ce communiqué de presse.
Le mouvement citoyen la V.VI.P a donc alerté sur cet afflux de déplacés qui ont vidé leurs habitations dans ces villages cités et se sont dirigés vers Bukombo centre et Mulimbi dans des familles d’accueil, saturées aussi selon ce mouvement citoyen.
A travers le même communiqué, la V.VI.P rappelle qu’il s’observait encore la présence des déplacés de 2020 à Bukombo centre, qui n’ont pas regagné leurs villages de Mashiga, Gashavu, Kibwe et Mashango craignant pour leur sécurité.
*_Conséquences directes de cette insécurité_*
Le déplacement de la population n’est pas la seule conséquence directe de ces affrontements. Les habitants ont aussi abandonné leurs champs alors qu’ils étaient en pleine phase de récolte, indique la société civile de Bukombo. Outre cela, pendant ces hostilités, la V.VI.P regrette aussi la suspension des interventions des Organisations humanitaires en faveur des déplacés cantonnés à Bukombo centre. Ce mouvement citoyen craint que dans peu de temps, leur situation risque de se transformer en calvaire si rien n’est fait dans l’urgence.
La Vision pour la Victoire du peuple estime qu’en attendant l’évaluation tant souhaitée des opérations militaires Sokola 2, la cessation temporelle des hostilités entre belligérants est d’une importance capitale afin de permettre aux organisations humanitaires d’intervenir en faveur des déplacés et le ravitaillement de ces déplacés dans leurs villages d’origine.
“La V.VI.P demande aussi le dialogue autour d’une table entre les parties prenantes aux conflits sécuritaires de la chefferie de Bwito car c’est prouvé que la force n’apportera point la solution, la sécurité et la paix durable dans cette chefferie de wito,” conclut ce document.
La rédaction
Rutshuru : “Les déplacés internes manquent de tout à Bukombo. Que le gouvernement leur vienne en aide”(Société civile)
Posted on

0 Comments