L’ACEDH a demandé, mardi 28 juillet 2026, à Kinshasa, la reconsidération d’une instruction ministérielle limitant les interventions de l’ICCN sur le lac Édouard, estimant qu’elle risque de créer une insécurité juridique, de fragiliser la conservation du Parc national des Virunga et d’affecter les communautés riveraines.
« Les options techniques transmises à votre Excellence par vos sources d’informations ou par vos conseillers procèdent d’une lecture segmentée et partielle des textes », affirme l’ACEDH dans une correspondance adressée à la ministre d’État en charge de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat.
Dans cette lettre, l’organisation de la société civile sollicite la révision de la correspondance ministérielle du jeudi 24 juillet 2026, qui rappelle que la délivrance des permis de pêche, l’immatriculation des embarcations et le contrôle des activités de pêche relèvent du ministère de la Pêche et Élevage, tout en demandant à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) de cesser toute initiative allant dans ce sens sur la partie congolaise du lac Édouard.
L’ACEDH soutient, pour sa part, que les dispositions de la Constitution, de la loi relative à la conservation de la nature ainsi que le décret fixant les missions de l’ICCN consacrent la compétence de cet établissement public sur l’ensemble du Parc national des Virunga, y compris les eaux du lac Édouard.
Selon cette organisation, le lac constitue une partie intégrante de l’aire protégée et ne peut être dissocié du reste du parc dans sa gestion. Elle estime qu’une séparation des responsabilités entre les services de la pêche et l’ICCN créerait une dualité administrative incompatible avec les objectifs de conservation.
L’ONG fait également valoir que l’immatriculation des pirogues par l’ICCN constitue, selon son interprétation, une mesure de police environnementale destinée à assurer le suivi des activités de pêche, à lutter contre le braconnage et à préserver les ressources halieutiques, plutôt qu’une taxation.
Dans son argumentaire, l’ACEDH rappelle aussi le statut du Parc national des Virunga comme site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle estime qu’une réduction des prérogatives de l’ICCN sur le lac Édouard pourrait compromettre les engagements internationaux de la République démocratique du Congo en matière de conservation de la biodiversité.
L’organisation demande ainsi à la ministre d’État de revoir le contenu de son instruction, estimant que celle-ci aurait déjà créé des incompréhensions sur le terrain. Elle considère cette correspondance comme un recours gracieux avant un éventuel contentieux administratif.
Dans sa lettre adressée au directeur général de l’ICCN, la ministre d’État de l’Environnement avait expliqué que certaines interventions des agents du Parc national des Virunga avaient suscité des tensions avec les communautés riveraines. Elle avait demandé l’arrêt immédiat des initiatives relatives aux plaques d’immatriculation, aux permis de pêche et aux autres mesures de régulation sur le lac Édouard, en privilégiant une approche de concertation entre les institutions concernées.
Situé dans le territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la frontière avec l’Ouganda, le lac Édouard constitue l’une des principales ressources halieutiques du Parc national des Virunga, premier parc national d’Afrique créé en 1925 et inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Le jeudi 24 juillet 2026, la ministre d’État avait officiellement rappelé les limites de compétence de l’ICCN, avant que l’ACEDH ne réagisse par une demande de reconsidération enregistrée le mardi 28 juillet 2026.
LA REDACTION

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