Constant Omari a dénoncé, dimanche 16 août 2026, des pratiques qu’il juge contraires à l’indépendance de la FECOFA, revenant sur son départ, la gestion des équipes nationales et les décisions de la CAF, lors d’une intervention consacrée au football congolais et africain à Kinshasa.
« Si les amis que j’avais laissés à la FECOFA avaient bien géré les choses, il n’y aurait pas eu d’ingérence ni de normalisation. Quand j’étais président, quel entraîneur rendait compte à la Présidence de la République plutôt qu’à la FECOFA ? », a déclaré Constant Omari.
L’ancien président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) s’est ainsi exprimé sur son passage à la tête de l’instance dirigeante du football en République démocratique du Congo. Il s’est présenté comme une victime de son propre choix d’indépendance, affirmant n’avoir jamais travaillé pour un camp politique ni accepté d’être placé sous contrôle.
Selon lui, la gestion des équipes nationales devait rester du ressort de la fédération. Constant Omari a rappelé que, durant sa présidence, les sélectionneurs étaient directement rattachés à la FECOFA et devaient rendre compte de leurs performances après chaque compétition devant le comité exécutif.
Cette conception de la gestion du football contraste, selon ses déclarations, avec la situation actuelle qu’il affirme observer au sein des sélections nationales. Il estime que l’intervention de la Présidence de la République dans les affaires sportives constitue une évolution différente de celle qu’il avait connue lorsqu’il dirigeait la fédération.
Constant Omari a néanmoins reconnu que plusieurs chantiers n’avaient pas été achevés durant son mandat. Il a notamment cité le centre technique national, parmi les projets qui nécessitaient encore des efforts pour permettre au football congolais de disposer d’infrastructures adaptées à la formation et au développement des joueurs.
L’ancien dirigeant a également abordé la question du financement du football africain par la Fédération internationale de football association (FIFA). Pour lui, les ressources accordées aux fédérations africaines ne constituent pas une faveur, mais découlent des droits liés à leur appartenance à l’organisation internationale.
« L’argent versé par la FIFA aux fédérations africaines n’est pas une aumône, mais une rétribution : c’est leur droit en tant que membres de l’association », a-t-il soutenu.
Sur le développement du football féminin en Afrique, Constant Omari a reconnu les efforts réalisés ces dernières années et appelé à les saluer. Il considère que la progression des compétitions et des initiatives consacrées aux joueuses constitue un axe important pour l’avenir du football continental.
L’ancien président de la FECOFA s’est également opposé à la suppression du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), compétition réservée aux joueurs évoluant dans les championnats nationaux africains. Il estime qu’une telle décision n’aurait pas été acceptée sous l’ancienne direction de la Confédération africaine de football (CAF).
« Si nous avions été présents, nous n’aurions jamais accepté une telle décision », a affirmé Constant Omari.
Il a également évoqué Gianni Infantino, président de la FIFA, qu’il accuse d’avoir été défavorable au CHAN et d’avoir plutôt soutenu l’idée d’une Ligue des nations africaine. Selon Constant Omari, la modification du calendrier du CHAN constitue une perte pour le développement du football local africain.
Concernant la Coupe d’Afrique des nations (CAN), il s’est montré opposé au passage d’une organisation tous les 2 ans à une organisation tous les 4 ans. Il a rappelé que cette proposition avait déjà fait l’objet de contestations lorsqu’il était encore actif dans les instances dirigeantes du football africain.
« Nous avions déjà combattu cela à l’époque », a-t-il déclaré, estimant que la CAF pourrait également subir des conséquences financières avec l’espacement des éditions de la CAN.
Constant Omari a, par ailleurs, défendu l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes. Il a estimé que cette réforme présente un bilan positif et a rappelé avoir fait partie de l’équipe ayant participé aux discussions ayant conduit à cette décision.
Son intervention a aussi porté sur la gouvernance de la CAF sous la présidence de Patrice Motsepe. Constant Omari reconnaît certains résultats financiers obtenus depuis l’arrivée du dirigeant sud-africain, mais juge que son bilan général demeure mitigé.
« Il a réussi à permettre à la CAF de se refaire une santé financière, mais dans l’ensemble, c’est un bilan en demi-teinte », a déclaré l’ancien responsable congolais.
Constant Omari est toutefois allé plus loin dans son appréciation de Patrice Motsepe, estimant que le président de la CAF utiliserait son influence dans le football continental pour nourrir des ambitions politiques dans son pays.
« Patrice Motsepe se sert de la CAF comme d’un tremplin. Il a aussi des ambitions politiques pour son pays », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent alors que le football congolais traverse une période marquée par des discussions sur la gouvernance de la FECOFA, l’organisation des compétitions nationales et la gestion des équipes nationales. La fédération reste au centre des décisions relatives aux sélections et aux compétitions placées sous son autorité.
Constant Omari avait dirigé la FECOFA pendant plusieurs années avant de quitter la présidence de l’instance. Son passage a notamment été marqué par la participation des Léopards de la RDC à plusieurs compétitions internationales et par des débats sur la professionnalisation et le développement du football national.
À l’échelle africaine, il a également occupé des responsabilités au sein de la CAF, ce qui lui a permis de participer aux discussions portant sur les grandes réformes du football continental. Ses prises de position actuelles s’inscrivent ainsi dans le prolongement de cette expérience à la tête des instances sportives congolaises et africaines.
Elise Kant

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