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Ituri : plus de 80 civils tués à Mambasa en août, bilan sanglant que l’OCHA ne cache plus

Selon le dernier rapport de situation de l’OCHA couvrant la période du 1er au 31 août 2026, les violences armées dans le territoire de Mambasa ont fait au moins 80 morts parmi les civils, des attaques attribuées aux rebelles ADF.

Le jour le plus meurtrier reste le 29 août. Dans la zone de santé de Mandima, en chefferie des Babila-Babombi, une attaque d’une rare violence a causé 37 morts et l’enlèvement de plus de 30 personnes, dont majoritairement des agriculteurs surpris dans leurs champs.

Ce n’est pas un fait isolé. Selon les données consolidées par OCHA depuis février 2026, plus de 250 civils auraient déjà été tués dans le seul territoire de Mambasa. Entre le 27 août et le 1er septembre seulement, 15 localités ont été attaquées, 43 civils tués et 53 maisons incendiées.

Conséquence directe : l’exode massif. Plus de 95 000 personnes déplacées ou retournées ont été enregistrées depuis février dans les zones affectées. Au niveau provincial, plus de 312 900 personnes déplacées vivant dans 69 sites demeurent confrontées à des besoins humanitaires urgents.

Ces populations déplacées, qui dépendent des familles d’accueil, font face à des besoins criants en protection, abris, nourriture, santé, eau et assainissement. Mais la capacité de réponse des partenaires humanitaires reste très limitée, en raison de l’insécurité qui bloque l’accès aux zones.

Face à cette dégradation, la société civile a décrété une journée de deuil et un mouvement d’incivisme fiscal pour dénoncer l’inaction. De son côté, le gouverneur militaire de l’Ituri a mené une mission sur le terrain pour réaffirmer l’engagement de l’armée à restaurer la sécurité et protéger l’espace humanitaire.

L’OCHA appelle toutes les parties au respect du droit international humanitaire. À Mambasa, cette crise sécuritaire se superpose désormais à l’épidémie d’Ebola déclarée en mai, exposant davantage les civils et les équipes humanitaires à des risques multiples.

Nickson Manzekele

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