« La mémoire de nos défunts n’est ni à vendre, ni à négocier » : un député dénonce une vente présumée de cimetière à Mugamba

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Une affaire qui choque. Le député provincial élu d’Irumu, Isaac Lebisabo, alerte l’opinion sur une tentative présumée d’aliénation illégale d’un cimetière au village de Mugamba, dans le groupement Bakpulu, chefferie de Walese-Vokutu, en territoire d’Irumu (Ituri).

Selon les informations rapportées par cet élu de la circonscription électorale d’Irumu, un certain M. KANGIZI aurait acquis ce lieu de sépulture pour la somme de 16 000 dollars américains. Or, ce cimetière est toujours en usage. La dernière inhumation daterait de la fin de l’année 2025. Pire : des travaux de construction auraient déjà débuté sur le site.

Une violation grave de la loi, selon le député

Pour Isaac Lebisabo, ces faits, s’ils sont confirmés, constituent une atteinte directe au domaine public et au respect dû aux morts. Il s’appuie sur la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973 portant régime foncier. Son article 55 est clair : « Les biens affectés à un usage public relèvent du domaine public et ne peuvent être cédés ou vendus tant qu’ils n’ont pas été légalement désaffectés. »

L’élu rappelle également l’ordonnance du 14 février 1914 relative à la police des cimetières. Ce texte soumet les cimetières à une protection administrative et interdit toute utilisation contraire à leur destination.

« Aucun particulier, quelle que soit son influence ou ses moyens financiers, ne peut transformer un cimetière en propriété privée sans une décision légalement prise par les autorités compétentes », martèle le député provincial et ancien président du Conseil de la jeunesse à Irumu, Isaac Lebisabo.

Nul n’est au-dessus de la loi

Face à ce qu’il qualifie d’atteinte au patrimoine collectif, Isaac Lebisabo interpelle directement les autorités : le gouverneur de province, l’administrateur du territoire d’Irumu, le procureur de la République, les services fonciers et les services de sécurité.

Il exige des mesures conservatoires immédiates : la suspension du chantier, la sécurisation du site et l’ouverture d’une enquête impartiale.

L’avertissement est également adressé à M. KANGIZI : « Renoncez immédiatement à toute activité sur ce cimetière. Aucun argent, aucune influence et aucune complicité ne permettront de légaliser une violation de la loi. »

Le député promet d’assumer pleinement son devoir constitutionnel afin que « toute la lumière soit faite » et que les responsabilités soient établies. Pour l’élu d’Irumu, les cimetières ne sont pas des marchandises.

« Ce sont des espaces sacrés, des biens d’intérêt public qui doivent être protégés avec rigueur. Le territoire d’Irumu est un État de droit. La mémoire de nos défunts n’est ni à vendre, ni à négocier, ni à profaner », poursuit Isaac Lebisabo.

L’affaire est désormais entre les mains des autorités compétentes. Les habitants de Walese-Vokutu attendent des actes concrets pour préserver ce lieu de repos.

Nickson Manzekele

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