La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) a lancé mercredi 25 juin à Kinshasa la première édition du « Media Lab pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de stabilisation », réunissant responsables des médias, journalistes et partenaires onusiens afin de promouvoir une couverture médiatique intégrant davantage les questions liées au genre, à la paix et à la sécurité.
« Votre présence en ces lieux témoigne de votre engagement pour l’avenir de la presse en République démocratique du Congo, mais aussi et surtout, pour la recherche d’une paix inclusive et durable dans ce pays », a déclaré Mireille Laurier Affa’a Mindzie, assistante à la section Genre de la Monusco.
Pendant deux jours, les participants sont appelés à réfléchir sur le rôle des médias dans la consolidation de la paix et à développer des approches éditoriales capables de mettre en lumière les initiatives portées par les femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et de cohésion sociale.
Selon Mme Affa’a Mindzie, les médias occupent une place déterminante dans la formation de l’opinion publique et l’orientation des débats nationaux. Elle a toutefois regretté une couverture souvent déséquilibrée des questions sécuritaires et politiques en RDC.
« Cependant, faisons ensemble un constat lucide : la narration actuelle de la crise congolaise demeure fragmentée. D’un côté, l’actualité diplomatique, politique et sécuritaire est souvent traitée sous un angle strictement institutionnel et régalien », a-t-elle indiqué.
Elle a souligné que les questions liées au genre et à la jeunesse demeurent fréquemment reléguées aux rubriques sociales ou limitées aux seuls cas de violences sexuelles, occultant ainsi les contributions des femmes dans les processus de médiation et de stabilisation communautaire.
Au cours de cet atelier, plusieurs modules ont été développés afin de sortir les femmes du statut exclusif de victimes afin de valoriser leur rôle de médiatrices, d’actrices de protection et de stabilisation des communautés.
Intervenant au nom du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Clarisse Museme a insisté sur les principes d’un journalisme sensible au genre.
« Un journaliste sensible au genre ne se limite pas à rapporter les faits. Il contribue à rendre visibles les expériences, les contributions et les besoins des femmes dans le processus de paix et de sécurité tout en favorisant une information juste, équilibrée et inclusive », a-t-elle expliqué.
Elle a recommandé aux professionnels des médias de privilégier la diversité des sources, d’éviter les stéréotypes, d’utiliser un langage respectueux et inclusif, mais également de s’appuyer sur des données fiables afin de mieux analyser les impacts différenciés des conflits sur les populations.
Parmi les recommandations formulées lors des échanges figurent également le renforcement des formations dédiées aux questions de genre, le suivi des engagements internationaux de la RDC sur l’agenda Femmes, paix et sécurité (FPS), ainsi que le contrôle citoyen de l’utilisation des ressources publiques destinées à la promotion des droits des femmes.
Les organisateurs ont annoncé l’élaboration prochaine d’une charte des médias pour un journalisme inclusif et de paix. Celle-ci devrait favoriser une meilleure collaboration entre les agences des Nations unies, les organisations de la société civile et les professionnels des médias à travers des mécanismes de partage d’informations adaptés.
Cette initiative intervient alors que la représentation des femmes dans les contenus médiatiques demeure encore faible. D’après les données du Projet mondial de monitorage des médias (GMMP) publiées en septembre 2025, les femmes ne représentaient que 26 % des personnes citées ou présentées comme sujets d’information dans les médias audiovisuels et écrits à travers le monde, un chiffre qui illustre les défis persistants en matière d’inclusion dans le paysage médiatique international.
La rédaction

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