Révision de la Constitution : la Société civile de Nyiragongo recadre la Coordination nationale et dénonce son manque de consultation

Posted on

 

La Coordination territoriale de la Société civile Forces vives du territoire de Nyiragongo a exprimé, dans une déclaration rendue publique le 21 juin 2026, son désaccord avec la lettre ouverte récemment adressée à la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) par le président intérimaire de la Coordination nationale de la Société civile, Jean-Bosco Lalo.

Pour cette structure citoyenne du Nord-Kivu, la démarche entreprise par la Coordination nationale traduit une approche jugée légère d’une question d’intérêt national. Elle estime également que cette correspondance entretient une confusion entre la Société civile, présentée comme une organisation pluraliste et indépendante, et la CENCO, considérée comme l’une des nombreuses composantes de la société congolaise.

Les responsables de Nyiragongo reprochent notamment à la Coordination nationale d’avoir pris position sur le débat relatif à la révision de la Constitution sans avoir préalablement consulté les coordinations provinciales et territoriales du pays. Selon eux, aucune personne ou structure ne peut prétendre parler au nom de l’ensemble de la Société civile ou du peuple congolais sans un processus inclusif de concertation.

La Coordination territoriale déplore par ailleurs ce qu’elle qualifie de silence de la Coordination nationale face à la crise sécuritaire et humanitaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle évoque les massacres de civils, les violences sexuelles, les enlèvements, les déplacements forcés ainsi que les multiples violations des droits humains qui continuent d’affecter les populations locales.

Autre préoccupation soulevée : l’absence de prises de position publiques sur l’agression dont la RDC se dit victime.

Les Forces vives de Nyiragongo regrettent qu’aucun message officiel de solidarité ou de compassion à l’égard des victimes n’ait été porté à leur connaissance, alors que cette situation demeure au centre des préoccupations des habitants des provinces de l’Est.

Face à cette situation, la Coordination territoriale appelle les présidents des coordinations provinciales des vingt-six provinces du pays à se saisir rapidement de la question afin de redynamiser le bureau national, renforcer son fonctionnement démocratique et garantir une meilleure représentativité des préoccupations de la population congolaise.

Cette nouvelle sortie intervient après la multiplication des débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution et par les divergences de vues observées au sein de plusieurs organisations citoyennes.

Elle rappelle également que le Nord-Kivu demeure l’une des provinces les plus touchées par l’insécurité, avec des milliers de déplacés et de nombreuses violations des droits humains recensées ces dernières années, des statistiques régulièrement évoquées par les acteurs locaux de la société civile.

 

La rédaction

  • Share

0 Comments

Leave a comment