La publication d’un nouveau rapport de l’ACEDH révèle qu’entre août 2025 et mars 2026, 31 cas de violations visant des défenseurs de l’environnement et des droits fonciers ont été documentés en RDC, où ces acteurs subissent assassinats, poursuites judiciaires et diverses formes de répression.
« La RDC est considérée comme un pays de l’espoir et de l’avenir pour la justice climatique et la transition énergétique au niveau global. Paradoxalement, ceux qui se battent pour protéger la nature, la vie sauvage, les droits fonciers et forestiers sont en situation critique », a déclaré l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dans son communiqué publié lundi 22 juin à Beni.
Le document couvre la période allant du 1er août 2025 au 31 mars 2026 et dresse un tableau préoccupant des atteintes aux droits et libertés de ces acteurs engagés dans la protection des ressources naturelles.
Selon l’ACEDH, les violations recensées comprennent 6 cas d’assassinats ou de meurtres ayant coûté la vie à 12 défenseurs, 16 cas de poursuites stratégiques abusives visant à réduire au silence des militants, 2 cas d’enlèvements, 3 cas de menaces de mort et d’arrestations arbitraires, 3 attaques contre les biens des aires protégées ainsi qu’un cas d’atteinte au droit de propriété.
Le rapport souligne que les poursuites judiciaires abusives, communément appelées SLAPP, constituent aujourd’hui la forme de répression la plus fréquente contre les défenseurs de l’environnement et des droits fonciers.
Sur les 16 cas documentés, le Haut-Uélé arrive en tête avec 10 dossiers, suivi de la Tshopo avec 5 cas, du Maniema avec 3 cas, de l’Équateur avec 1 cas et du Nord-Kivu avec 1 cas.
L’ACEDH relève également une criminalisation croissante des activités des défenseurs, dans un environnement marqué par l’exploitation minière, forestière et foncière ainsi que par les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles. Les leaders communautaires, journalistes et militants climatiques figurent parmi les catégories les plus exposées.
Le document identifie plusieurs acteurs impliqués dans ces violations, notamment des groupes armés, certains services de sécurité, des autorités administratives locales, des réseaux liés à l’exploitation minière et forestière ainsi que des acteurs impliqués dans l’accaparement des terres. L’organisation évoque également l’impunité persistante, les intérêts économiques liés aux ressources naturelles, la corruption et les conflits fonciers comme principaux facteurs aggravants.
Face à cette situation, l’ACEDH appelle les autorités congolaises, les partenaires nationaux et internationaux ainsi que les entreprises opérant dans les secteurs extractifs à renforcer les mécanismes de protection des défenseurs et à respecter les droits humains dans toutes leurs activités. L’organisation recommande notamment l’ouverture d’enquêtes sur les attaques documentées, la lutte contre l’impunité, la révision de la loi sur la protection des défenseurs des droits humains et la mise en place de dispositifs adaptés dans les zones d’exploitation des ressources naturelles.
L’ONG estime que la protection des défenseurs de l’environnement constitue une condition essentielle pour la préservation de la biodiversité, la justice climatique et le développement durable en République démocratique du Congo.
Sommetoute, entre le 1er août 2025 et le 31 mars 2026, l’ACEDH a documenté au total 31 cas de violations graves affectant les défenseurs de l’environnement et des droits fonciers en RDC, dont 12 défenseurs tués, 16 poursuites judiciaires abusives, deux enlèvements, trois cas de menaces de mort et d’arrestations arbitraires ainsi que plusieurs atteintes aux biens des aires protégées.
La rédaction

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