Le maintien de la Constitution du 18 février 2006 a été défendu jeudi 18 juin par Delly Sesanga devant l’assemblée plénière extraordinaire de la CENCO à Kinshasa, où l’opposant a expliqué pourquoi ce texte demeure, selon lui, un rempart contre l’arbitraire, les crises politiques et l’instabilité institutionnelle.
« Nous défendons la Constitution du 18 février parce qu’elle constitue un pacte social conclu pour mettre fin aux conflits de légitimité qui ont rendu ce pays ingouvernable », a déclaré le président du parti Envol et membre de la coalition C64.
Invité à présenter son point de vue devant les évêques catholiques réunis en session extraordinaire sur la question du changement ou de la révision de la Constitution, Delly Sesanga a expliqué que sa démarche ne consistait pas à sacraliser un texte juridique ni à s’opposer systématiquement à toute évolution institutionnelle.
L’opposant a rappelé avoir lui-même porté par le passé une initiative de révision constitutionnelle. Toutefois, il estime que les débats actuels dépassent la simple modification d’articles et concernent davantage la préservation d’un équilibre politique construit au fil des années.
Selon lui, la Constitution de 2006 représente avant tout un pacte national destiné à mettre un terme aux contestations de légitimité qui ont alimenté plusieurs crises politiques et conflits armés depuis l’indépendance.
Delly Sesanga a soutenu que la guerre qui a éclaté en République démocratique du Congo à partir de 1996 trouve notamment son origine dans les conflits liés à la légitimité du pouvoir et à l’absence de mécanismes acceptés de dévolution démocratique.
Pour le leader d’Envol, la Constitution actuelle protège les citoyens contre toutes les formes d’arbitraire, qu’elles proviennent des groupes armés ou des institutions chargées de gouverner le pays.
Il a également insisté sur la nécessité de préserver le principe de l’alternance démocratique, qu’il considère comme un élément essentiel de la stabilité nationale dans un pays marqué par une grande diversité ethnique, culturelle et régionale.
« La Constitution de 2006 est un antidote contre la violence dans l’espace politique », a-t-il affirmé, estimant que la remise en cause des règles actuelles pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale.
L’opposant a par ailleurs rejeté les arguments avancés en faveur d’un changement de la Loi fondamentale. Selon lui, les principaux défis auxquels fait face la République démocratique du Congo, notamment l’insécurité, la corruption, le chômage, les difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé ou à l’éducation, ne trouvent pas leur origine dans la Constitution.
Il considère que le problème réside davantage dans le non-respect des textes existants que dans leur contenu.
Abordant la question du référendum, Delly Sesanga a également mis en garde contre ce qu’il qualifie de risque de plébiscite politique pouvant être utilisé pour justifier des réformes institutionnelles destinées à renforcer le pouvoir en place.
L’opposant a en outre rappelé que la Constitution interdit toute révision pendant certaines périodes exceptionnelles, notamment lorsqu’un état de siège ou un état d’urgence est en vigueur. À ses yeux, cette disposition traduit la volonté du constituant de protéger la stabilité institutionnelle dans des moments de crise.
Devant les évêques, il a enfin soutenu que la souveraineté populaire ne peut être invoquée pour contourner les principes fondamentaux de l’État de droit. Il a plaidé pour le respect strict des mécanismes constitutionnels existants et pour la préservation de l’alternance démocratique comme garantie de paix durable.
L’intervention de Delly Sesanga s’inscrit dans les consultations organisées par la CENCO autour du débat sur la révision ou le changement de la Constitution. Depuis plusieurs mois, cette question alimente les discussions politiques en RDC. La Constitution du 18 février 2006, adoptée par référendum puis promulguée la même année, encadre actuellement les institutions du pays et fixe notamment à deux le nombre de mandats présidentiels.
Le pouvoir de Félix Tshisekedi actuel Président, insiste sur le changement de cette Constitution, qu’il considère comme issue des belligérants, en avançant plusieurs motifs, notamment les mariages, la laïcité et la souveraineté.
La rédaction

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