Des appels à l’apaisement ont été lancés samedi 17 mai 2026 à Beni après l’escalade des tensions entre le gouverneur du Nord-Kivu, le général major Somo Kakule Evariste, et le député national Crispin Mbindule Mitono, au cœur d’une vive polémique politique et sécuritaire.
« Le gouverneur de province du Nord-Kivu, le général major Somo Kakule Evariste et le député national Mbindule Mitondo sont tous enfants d’un même père et d’une même mère, avec la mêmes culture. Nous ne pouvons pas les laisser s’entretuer. Nous appelons d’abord les deux parties à la retenue et recommandons à la notabilité de se saisir de ce dossier pour réconcilier les deux acteurs et renforcer la bonne gouvernance », a conseillé Jonas Kasimba, notable du Nord-Kivu et président du parti politique Action congolaise pour le développement de la population (ACDP).
Cette sortie médiatique intervient alors que les relations entre les deux personnalités politiques se détériorent davantage ces derniers jours. À Beni, des cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ont également lu un mémorandum de soutien au gouverneur du Nord-Kivu, dénonçant ce qu’ils qualifient d’attaques répétées contre l’autorité provinciale.
Pour Jonas Kasimba, cette crise politique risque de freiner les efforts de développement dans une province déjà confrontée à plusieurs défis sécuritaires et humanitaires.
« Il n’y a pas un saint entre les deux (le gouverneur Somo Kakule Evariste et le député national Mbindule. Chacun d’eux est aussi faillible et peut avoir des insuffisance dans ses devoirs », a analysé le notable.
Au centre de la polémique figure une correspondance adressée par le gouverneur Somo Kakule à la direction provinciale de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Dans ce document, l’autorité provinciale demande l’ouverture d’enquêtes contre le député national Mbindule Mitono.
Plusieurs griefs sont retenus contre l’élu de Butembo, notamment l’outrage à un fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique, l’incitation à la révolte et à la désobéissance civile, la propagation de faux bruits ainsi que l’usurpation de fonctions, conformément à plusieurs dispositions du Code pénal congolais.
Le gouverneur accuse également le député national d’avoir rencontré des groupes armés lors d’un séjour à Beni et d’avoir tenu des propos jugés injurieux contre lui dans une émission diffusée sur une radio locale.
Des accusations rejetées en bloc par Crispin Mbindule Mitono. Dans une déclaration vidéo relayée sur les réseaux sociaux, le député national dénonce plutôt une manœuvre d’intimidation visant à réduire au silence les voix critiques de la gestion sécuritaire du Nord-Kivu sous état de siège.
Depuis Kinshasa et plusieurs villes du Grand Nord, des soutiens politiques et militants de l’UDPS/Tshisekedi sont montés au créneau pour défendre le parlementaire, qualifiant les accusations portées contre lui de « mensonges grossiers ».
Figure politique controversée du Grand Nord, Crispin Mbindule Mitono s’est illustré ces dernières années par des prises de position souvent critiques contre plusieurs acteurs politiques nationaux et provinciaux. De l’époque du RCD/KML jusqu’à ses divergences avec certains cadres de l’UDPS, en passant par ses critiques contre Martin Fayulu et Vital Kamerhe, l’élu de Butembo est régulièrement au centre de débats politiques dans la région.
La redaction

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