Sud-Kivu : Découverte d’une fosse commune de 47 corps à Sange après le retrait du M23

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Une fosse commune contenant 47 corps a été signalée cette semaine dans la cité de Sange, en territoire d’Uvira au Sud-Kivu, par la société civile locale, quelques jours après le retrait des groupes armés de la zone, alors que des engins explosifs inquiètent encore plusieurs habitants.

« Il y a une fosse commune à Sange où on avait enterré 47 personnes. Ces corps ont été jetés dans cette fosse il y a à peu près une semaine », a déclaré Kelvin Bwisha, membre de la société civile locale.

Selon cet acteur de la société civile, cette découverte soulève de nombreuses inquiétudes au sein de la population locale. Plusieurs habitants craignent désormais une aggravation de la situation humanitaire après les récents affrontements enregistrés dans la région.

D’après les informations fournies par les structures citoyennes locales, ces corps auraient été enterrés peu avant le retrait des hommes armés qui occupaient auparavant cette zone située sur l’axe Uvira-Fizi.

Outre la découverte de cette fosse commune, la présence d’engins explosifs abandonnés dans certaines écoles de Sange continue également de susciter l’inquiétude parmi les familles et les responsables communautaires. Plusieurs habitants redoutent notamment des accidents impliquant des enfants dans les jours à venir.

« Dans certaines écoles à Sange, il y a des endroits où se trouvent encore des engins explosifs », a ajouté Kelvin Bwisha, appelant les autorités à intervenir rapidement pour sécuriser les établissements scolaires et les quartiers exposés.

Malgré cette situation, un calme relatif est observé dans la cité de Sange depuis quelques jours. Les activités reprennent progressivement dans certains quartiers.

Cependant, des habitants dénoncent déjà de nouvelles formes de tracasseries sur plusieurs axes routiers.

Selon la société civile, certains éléments armés locaux auraient recommencé à imposer des contributions forcées aux voyageurs et aux commerçants malgré les mesures prises récemment pour supprimer les barrières illégales.

« Certains wazalendo ont commencé encore à tracasser la population en demandant des contributions par force alors que les barrières payantes avaient été supprimées sur la RN5 », a expliqué cet acteur de la société civile.

Les acteurs communautaires appellent ainsi les autorités provinciales et nationales à renforcer la sécurité dans cette partie du Sud-Kivu afin de protéger les populations civiles et prévenir de nouveaux abus contre les habitants.

Ces derniers mois, les territoires d’Uvira, Fizi et Minembwe ont été marqués par une forte détérioration de la situation sécuritaire avec des affrontements répétés, des déplacements massifs de populations et la destruction de plusieurs infrastructures locales. Plusieurs organisations locales continuent d’alerter sur l’augmentation des besoins humanitaires dans cette région de l’Est de la République démocratique du Congo.

La rédaction

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