Sud-Kivu : des enseignants œuvrant auprès des réfugiés burundais dénoncent plusieurs mois d’impayés à Lusenda

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Une marche pacifique réunissant ce mercredi 13 mai 2026 des enseignants N.U du canton scolaire de Lusenda, des élèves réfugiés burundais et plusieurs habitants du secteur de Tanganyika, en territoire de Fizi, au Sud-Kivu ,a été organisée pour dénoncer le non-paiement de quatre mois de primes destinées aux enseignants engagés dans l’éducation des enfants réfugiés burundais.

Les manifestants ont parcouru plusieurs artères de Lusenda afin d’alerter sur les difficultés auxquelles font face les enseignants impliqués dans l’encadrement scolaire des enfants réfugiés. À travers des chants, des pancartes et des messages de sensibilisation, ils ont voulu attirer l’attention des partenaires éducatifs sur la situation devenue préoccupante dans plusieurs écoles de la zone.

« Nous, enseignants supportés par le HCR, réclamons nos primes depuis septembre 2025 jusqu’à ce jour », pouvait-on lire sur certaines pancartes brandies au cours de cette mobilisation.

Selon plusieurs enseignants, des assurances avaient pourtant été données concernant le paiement de ces primes après l’annonce du décaissement des fonds destinés à cette prise en charge. Cette annonce avait contribué à la reprise des cours dans plusieurs écoles qui connaissaient déjà des perturbations liées à l’absence d’enseignants.

Dans plusieurs établissements accueillant des enfants réfugiés burundais, les activités scolaires avaient été ralenties pendant plusieurs jours, les quelques enseignants pris en charge par l’État congolais ne suffisant pas à couvrir les besoins dans les écoles concernées.

À travers cette marche, les participants ont également voulu rappeler que les enfants réfugiés ont droit à une éducation stable dans des conditions favorables à leur apprentissage.

« Les enseignants N.U supportés par le HCR réclament leurs primes 2025-2026 », indiquaient d’autres messages visibles entre les mains des élèves venus soutenir leurs enseignants.

Des parents et acteurs éducatifs de la zone craignent aujourd’hui que cette situation finisse par affecter davantage la continuité des cours dans plusieurs écoles du secteur de Tanganyika, où les besoins éducatifs restent importants.

Pour plusieurs familles réfugiées, l’école demeure l’un des rares espaces permettant aux enfants de conserver un cadre d’apprentissage malgré les difficultés liées à l’exil et aux conditions de vie précaires dans certains sites d’accueil.

Les enseignants mobilisés appellent ainsi les partenaires intervenant dans le secteur éducatif à trouver rapidement une solution afin d’éviter de nouvelles perturbations des activités scolaires dans cette partie du Sud-Kivu.

Depuis plusieurs années, la région de Lusenda accueille des milliers de réfugiés burundais ayant fui les tensions dans leur pays. L’éducation des enfants réfugiés reste largement soutenue par des partenaires humanitaires intervenant dans les secteurs scolaire et communautaire, dans un contexte marqué par des besoins croissants en encadrement et en assistance éducative.

Yseult Lwango

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