Alors que les processus de paix se poursuivent autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, M.Juvénal Munubo Mubi, ancien député national de la RDC, s’est exprimé sur plusieurs enjeux clés liés aux négociations en cours, notamment celles de Montreux et de Doha.
Dans son analyse partagée sur son compte X, l’ancien député met en garde contre certaines interprétations qu’il juge « partielles et partisanes » concernant la réouverture des banques dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, zones en partie sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23.
Selon lui, cette mesure, prévue dans le protocole relatif à la restauration de l’autorité de l’État, aux réformes et à la gouvernance participative de l’accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025 (encore en négociation), ne doit pas être perçue comme un avantage accordé aux rebelles. Selon lui, elle répond plutôt à une nécessité socio-économique pour les populations locales, souvent coupées des services financiers de base.
Juvénal Munubo Mubi souligne également que la question du retrait des troupes rwandaises reste une préoccupation majeure partagée par l’ensemble des Congolais. Ce retrait a été évoqué dans plusieurs cadres diplomatiques, notamment à Washington (accord de paix du 27 juin 2025) et à New York à travers le Conseil de sécurité des Nations unies, à travers la résolution 2773 du 21 février 2025.
Pour l’ancien élu de Walikale, la concrétisation de cet objectif dépendra largement des efforts diplomatiques en cours, notamment dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha.
Il appelle par ailleurs à l’unité nationale, rappelant que les Congolais vivant dans les zones de conflit ou dans les camps de déplacés ne doivent pas être marginalisés dans le débat public.
« Tenons bon, dans l’unité, la paix vaincra », a-t-il déclaré.
S’agissant des discussions tenues à Montreux en Suisse entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, Munubo salue la fixation d’un délai de dix jours pour la libération des prisonniers, qu’il considère comme une avancée concrète.
Cependant, il regrette l’absence de calendrier précis concernant certaines mesures clés, notamment la réouverture de l’aéroport de Goma et celle des banques dans les zones affectées. Pour lui, ces décisions auraient permis de renforcer l’impact humanitaire et économique des accords en discussion.
Concernant les négociations en cours à Doha, l’ancien député national s’interroge sur l’efficacité du cessez-le-feu envisagé, en particulier sur l’inclusion de l’AFC/M23 dans le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE).
Il questionne la pertinence d’intégrer un groupe armé non étatique dans un mécanisme initialement conçu comme un cadre de coopération entre États, estimant que cela pourrait soulever des défis en termes de crédibilité et de mise en œuvre sur le terrain.
Juvénal Munubo Mubi plaide pour une approche pragmatique, centrée sur les réalités vécues par les populations de l’Est, tout en appelant à des engagements clairs et mesurables dans les processus de paix en cours.
La rédaction

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