Goma : accusé d’un prétendu vol d’organe génital d’autrui, un homme lynché

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La ville de Goma a de nouveau été touchée par un cas de justice populaire ce vendredi 17 avril.

Un homme a été tué par une foule en colère sur le tronçon Terminus–Bibunga, après avoir été accusé de vol d’organe génital sur un passant.

Selon des témoins sur place, l’incident a débuté par une altercation entre la victime et le présumé suspect. Rapidement, la situation a dégénéré, attirant l’attention des passants qui, convaincus des accusations portées contre le jeune homme, se sont mis sur lui. Il a été violemment battu jusqu’à succomber à ses blessures.

Des sources locales indiquent que la scène s’est précisément déroulée sur l’axe Terminus–Nyabushongo dans le quartier Ndosho en chevale du territoire de Nyiragongo en direction de Bibunga. La victime serait un jeune homme exerçant le métier de mécanicien dans la zone.

Ce drame intervient dans une période de propagation de rumeurs inquiétantes à travers la ville, faisant état de prétendues disparitions d’organes génitaux masculins. Ces allégations, largement relayées dans certains quartiers, ont contribué à instaurer un climat de peur et de méfiance parmi la population.

Pourtant, des médecins et psychologues montent au créneau pour dénoncer des croyances infondées.

Ils expliquent qu’il s’agit en réalité d’un trouble psychologique caractérisé par la peur irrationnelle de la disparition ou de la rétraction des organes génitaux, sans aucune base physique réelle.

Face à l’ampleur prise par ces rumeurs, la mairie de Goma avait déjà réagi en amont.

Dans une communication rendue publique le mercredi 15 avril, les autorités urbaines ont qualifié ces informations de « fausse alerte », après 72 heures d’enquêtes et de vérifications impliquant les personnes accusées et les supposées victimes.

Le maire Désiré Ngabo nommé par le M23 a été ferme sur la question : aucun cas avéré de disparition d’organe n’a été établi. Il a par ailleurs dénoncé une « tentative de déstabilisation » de la ville.

« Ceux qui seront encore attrapés en train de diffuser ces fausses informations seront sévèrement sanctionnés », a-t-il averti.

Les autorités locales appellent la population au calme et à la responsabilité, insistant sur la nécessité de ne pas céder à la panique ni de relayer des informations non vérifiées.

La rédaction

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