Beni : 104 détenus préventifs libérés grâce au plaidoyer de la MONUSCO

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Cent détenus préventifs ont retrouvé, ce 28 mars 2026, la liberté à la prison centrale de Beni au Nord-Kivu, à la suite d’un vaste plaidoyer mené par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) de la MONUSCO-Beni. Une avancée majeure dans les efforts visant à réduire la surpopulation carcérale et à renforcer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Selon les informations recueillies auprès des partenaires de la justice militaire congolaise, cette première vague de libérations intervient à la suite de plusieurs recommandations formulées par le BCNUDH, dans le cadre des mesures urgentes visant à désengorger cette prison devenue l’une des plus surpeuplées de la région.

Des détenus au-delà des délais légaux

Les 100 bénéficiaires sont exclusivement des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), tous des hommes dont la détention provisoire avait largement dépassé les limites prévues par la loi. Certains étaient incarcérés depuis plusieurs années sans avoir jamais été jugés, une situation régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits humains.

Des audiences foraines pour accélérer la justice

Le Tribunal militaire de garnison de Beni a lancé, depuis le jeudi 26 mars 2026, une série d’audiences foraines au sein même de la prison urbaine. Ces audiences, organisées avec le soutien logistique et technique du BCNUDH-MONUSCO, doivent durer deux mois.

Objectif principal : désengorger un établissement pénitentiaire dont le taux de surpopulation avoisine les 400 %. Construite pour 250 détenus, la prison en accueille aujourd’hui plus de 1,800, dans des conditions extrêmement précaires.

300 dossiers ouverts, parfois depuis 2020

Au total, 300 dossiers seront examinés durant ces audiences. Il s’agit principalement d’affaires remontant à 2019–2023, pour lesquelles les détenus avaient dépassé le délai légal de détention provisoire.

« Il y a eu plusieurs événements pour expliquer ces délais prolongés, dont la mort de deux juges, le sous-effectif des juges, l’effet de l’état de siège qui a donné beaucoup de compétences aux juridictions qui n’ont pas beaucoup de juges… Aujourd’hui avec le renforcement des magistrats opéré, nous nous sommes engagés à régulariser et corriger les erreurs du passé », confie une source judiciaire militaire qui a requis l’anonymat.

Parmi les dossiers examinés figurent des accusations de :
• viol d’enfants,
• participation à un mouvement insurrectionnel,
• propagation de faux bruits,
• meurtre,
• tentative de viol,
• perte d’armes.

Dans plusieurs cas, des prévenus sont même décédés en détention sans avoir été jugés.

Un appui décisif de la MONUSCO

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme de la MONUSCO-Beni joue un rôle clé dans l’organisation de ces audiences foraines.
Son appui comprend :
• un soutien logistique,
• un accompagnement technique,
• un plaidoyer constant pour le respect des normes internationales en matière de détention.

Cette initiative vise à réduire la détention prolongée sans jugement, renforcer l’accès à la justice et garantir des conditions de détention plus dignes.

« Cet appui de la MONUSCO est très utile, voire capital. Lorsque la MONUSCO déplace des magistrats jusqu’à la prison, pour des audiences foraines, cela a un impact réel. D’abord, grâce à cet appui, les détenus ont accès à la justice ; ensuite, il permet de désengorger la prison. Cet appui permet également l’aménagement des peines : lorsque le directeur de la prison propose au ministre de la Justice la libération conditionnelle, seuls les détenus jugés et condamnés peuvent en bénéficier, et c’est justement parce-que la MONUSCO a appuyé la justice pour la célérité dans le traitement des dossiers judiciaires », déclare Tsongo Makelele Mashauri, directeur de la prison urbaine de Beni.

Une avancée pour les droits humains à Beni

La libération de ces 104 détenus marque une étape importante dans la lutte contre la surpopulation carcérale et les violations des droits humains liées à la détention arbitraire. Elle illustre également l’impact concret de la collaboration entre la justice militaire congolaise et la MONUSCO, dans un contexte sécuritaire complexe où les prisons jouent un rôle essentiel dans l’administration de la justice.

Rédaction

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