Dans le Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, la culture de la patate douce s’impose progressivement comme une réponse agricole à l’insécurité alimentaire persistante qui frappe les communautés rurales.
À Mulungu, les champs expérimentaux de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomique (INERA) sont au cœur de cette dynamique. Chercheurs et techniciens y intensifient les travaux culturaux afin d’améliorer la disponibilité de cette denrée de base largement consommée dans la région.
L’objectif est double : accroître la production locale et garantir l’accès à des semences de qualité, adaptées aux conditions agroclimatiques locales.
Jeudi 5 février 2026, une forte mobilisation des agents a été observée sur les parcelles de production, où se déroulaient des opérations d’entretien à une étape clé du cycle végétatif. Ces travaux visent à optimiser le développement des cultures et à sécuriser les rendements.
« Les patates douces sont actuellement en phase post-maturité. Le sarclage permet de préparer l’entrée en maturité et d’assurer un bon développement des racines tubéreuses », explique Pascal Byenda Bushige, technicien sur le site de Mulungu.
« C’est une étape déterminante pour obtenir un bon rendement. »
Plusieurs variétés sont testées, notamment Irène, Mayayi, Kabode, Elengi et Terimbere. Leur sélection repose sur leur productivité et leur capacité à résister à des conditions climatiques de plus en plus instables.
Pour les agriculteurs bénéficiaires, l’impact est déjà tangible.
« Avant, nous devions acheter des tubercules à des prix élevés, et parfois il n’y en avait pas assez », témoigne Jean Mukuna, agriculteur du village de Mulungu.
« Grâce aux semences de l’INERA, nous pouvons planter chez nous et nourrir nos familles. »
Au-delà de la recherche, cette initiative vise à approvisionner les communautés locales en tubercules destinés à l’alimentation et à faciliter l’accès des agriculteurs à des semences de base fiables.
Dans une province régulièrement affectée par les conflits armés et les déplacements de populations, la patate douce apparaît comme un outil concret de résilience et de stabilisation alimentaire.
Pour les acteurs du secteur agricole, le développement de ce type de culture contribue à renforcer l’autonomie des communautés rurales, à réduire la dépendance aux importations alimentaires et à valoriser les ressources locales du Sud-Kivu.
Yseult Lwango

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