Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont repris jeudi matin le contrôle de Point Zéro, une localité stratégique du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, à l’issue d’intenses affrontements, ont indiqué des sources militaires et locales.
Point Zéro constitue un axe clé ouvrant la voie vers le chef-lieu du territoire de Fizi ainsi que vers la ville de Baraka, sur les rives du lac Tanganyika. Sa reprise par l’armée congolaise est perçue localement comme un soulagement pour plusieurs agglomérations qui se disaient menacées ces derniers jours, notamment Kalemie, Baraka et Fizi-centre.
Les affrontements se poursuivaient cependant jeudi dans plusieurs villages de la chaîne de Mitumba, dans les territoires de Fizi et de Mwenga, opposant les FARDC, appuyées par des groupes d’autodéfense locaux connus sous le nom de Wazalendo, à des combattants affiliés aux mouvements Twirwaneho et AFC/M23, selon des sources concordantes.
D’après ces sources, les lignes de front restaient globalement inchangées à la mi-journée, malgré quelques évolutions tactiques.
Les zones de Point Zéro et de Bikyaka demeuraient sous la présence des combattants Twirwaneho alliés à l’AFC/M23, tandis que les FARDC et leurs alliés contrôlaient notamment Mitumba et Kanguli.
Tôt dans la matinée, des tirs ont été entendus à l’ouest de Bibokoboko, a rapporté la société civile locale. À Mukera, dans le groupement de Basimukuma Sud, secteur de Mutambala, plusieurs jeunes auraient été contraints par des forces en présence à transporter des munitions vers les hauts plateaux, selon les mêmes sources.
Parallèlement aux combats, la société civile du territoire de Fizi a dénoncé jeudi des menaces persistantes visant des agents du parquet. Le procureur de la République faisant fonction près le tribunal de paix de Fizi, Patrick Kassenge Vatuvanwa, aurait été inquiété lors d’une mission à Misisi, dans le secteur de Ngandja, par des éléments se réclamant des Wazalendo.
Le greffier affecté à la prison centrale de Kakunga à Fizi a également été brièvement retenu pendant plusieurs heures, a affirmé Me Jacques Alimasi, président de la société civile forces vives de Fizi.
« Ces actes s’apparentent à un règlement de comptes contre des agents qui n’ont fait qu’appliquer la loi dans l’exercice de leurs fonctions », a déclaré Me Alimasi.
« Nous appelons toutes les parties à la retenue, surtout dans un contexte sécuritaire aussi fragile. »
Selon la société civile, ces tensions seraient liées à des arrestations antérieures de membres des Wazalendo par les services judiciaires, suivies de leur libération.
La rédaction

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