Des jeunes ambassadeurs numériques de paix du territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, ont poursuivi leur formation cette semaine à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, un texte clé adopté en 2000 visant à renforcer la participation des femmes dans les processus de paix et de sécurité.
La formation, organisée par l’ONG Uwema avec l’appui de l’Agence française de développement à travers le Fonds français pour la consolidation de la paix, s’inscrit dans une série d’ateliers destinés à renforcer les capacités des jeunes influenceurs communautaires à diffuser des messages constructifs de paix, notamment via les réseaux sociaux.
« La résolution 1325 est un instrument juridique majeur qui met l’accent sur l’implication des femmes dans les questions de paix et de sécurité », a déclaré Déborah Mantola, jeune ambassadrice numérique de paix à Nyiragongo.
« Elle repose sur quatre piliers : la participation, la prévention, la protection et le relèvement. Mon rôle, en tant que jeune formée, est de vulgariser cette résolution dans ma communauté, y compris auprès des femmes qui n’ont pas eu accès à l’école. »
Selon elle, l’utilisation des plateformes numériques constitue un levier important pour toucher un large public.
« Aujourd’hui, beaucoup de personnes sont sur Facebook, WhatsApp et d’autres réseaux. Un message sur la non-discrimination des femmes dans les instances de décision peut être vu par plusieurs personnes et favoriser l’appropriation de cette résolution », a-t-elle ajouté.
La coordinatrice de la Synergie des femmes pour les victimes de violences sexuelles et membre du secrétariat technique provincial 1325 au Nord-Kivu, Émilie Katondolo, a expliqué que cette formation de formateurs vise à renforcer la compréhension des mécanismes nationaux de mise en œuvre de la résolution.
« Il s’agissait de permettre aux jeunes ambassadeurs numériques de maîtriser le contenu de la résolution 1325 afin de promouvoir efficacement les droits des femmes à travers les messages qu’ils produisent dans leurs projets sur la femme, la paix et la sécurité », a-t-elle indiqué.
Parmi les participants figurait également Maheshe Mbuozi Josué, jeune ambassadeur numérique de paix originaire de Nyiragongo, qui a souligné l’importance de la formation.
« J’entendais souvent parler de la résolution 1325 sans vraiment en comprendre la portée. Aujourd’hui, j’ai appris qu’elle insiste sur la participation des femmes et des filles dans les négociations de paix, la prévention des conflits et des violences, ainsi que sur la protection et le relèvement », a-t-il déclaré.
Il a affirmé vouloir orienter son engagement vers la promotion de la masculinité positive.
« En tant que jeune homme formé, je veux sensibiliser d’autres hommes afin qu’ils ne soient pas un obstacle à la participation des femmes dans les prises de décision », a-t-il ajouté, précisant que ses actions passeront principalement par des contenus numériques.
S’adressant aux femmes et aux filles, Josué Maheshe a lancé un appel à l’engagement.
« La résolution 1325 existe parce que les femmes ont longtemps été mises à l’écart. Aujourd’hui, elles doivent prouver leur valeur, s’engager activement dans la société et démontrer qu’elles sont capables d’influencer les décisions, de résoudre les conflits et d’agir pour la paix », a-t-il déclaré.
Après deux jours de formation à Goma pour des jeunes issus de plusieurs quartiers de la commune de Karisimbi, l’atelier s’est poursuivi ce mercredi dans le territoire voisin de Nyiragongo, toujours sous la conduite d’Uwema, marquant une nouvelle étape dans la diffusion des messages de paix axés sur la résolution 1325 au Nord-Kivu.
La rédaction

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