Goma : l’ex-journaliste et cadre de l’AFC M23, Magloire Paluku, inhumé entre pleurs et chagrins

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Cadre de l’AFC/M23, l’ancien journaliste congolais Magloire Paluku, tué par balle mercredi dernier dans les rues de Goma, a été mis en terre ce mardi 16 décembre 2025.

C’est non sans émotion, pleurs et chagrins que cette icône de la presse nord-kivutienne a été inhumée au cimetière de Makao 2, situé vers Nzulo, à l’ouest de la ville, dans le quartier Mugunga.

Peu avant, son corps a été exposé au stade de l’Unité, où plusieurs autorités administratives, cadres de l’AFC M23, journalistes, membres de sa famille biologique, écrivains, poètes, amis et connaissances ont assisté à une cérémonie de derniers hommages en sa mémoire.

Habillés en tenue de deuil, ces personnalités précitées sont venues témoigner de leur attachement à l’homme qui aura été le fondateur de la première radio filmée de Goma (New Kivu 1) en 2015 et qui a formé plusieurs journalistes avant d’embrasser la vie politique. Il a d’abord été membre de l’UNC, puis cadre de l’AFC M23, qu’il a rejoint le 10 avril 2024.

Des gerbes de fleurs ont été déposées devant son cercueil, par les uns et les autres, commençant par les membres de sa famille biologique jusqu’aux derniers amis, dans une émotion totale qui témoigne de sa grandeur.

Pour brève biographie :

Magloire Paluku est né le lundi 12 décembre 1966 à l’hôpital Maman Musayi de Butembo, de maman Verene et papa Evariste.

En 1973, il commence ses études primaires et a été un élève appliqué selon ses enseignants Mulilikwa, Kanyere, Muganza, Mashagiro, Bavon…

Il a été aussi un pionnier danseur pour le MPR, que le commissaire Ndebo l’avait gratifié à 9 ans.

En 1976, il a construit ses premiers avions et voitures en carton, inventant ainsi sa personnalité si originale dans la curiosité et les jeux d’enfants.

En 1977, il est devenu l’un des meilleurs footballeurs de son équipe au quartier BRAZZA, dit Virunga, d’où il tirera les surnoms de Papa Wemba et de “Mangue”, qui est resté jusqu’à aujourd’hui “Mangue”, numéro 4 de Vita Club de Kinshasa qu’il incarnait.

En 1978, il écrit ses premières chansons et devient chanteur avec un micro en plastique Livio.

En 1981, son grand-père, Monseigneur Emmanuel Kahongya Kasembe, troisième plus vieux prêtre de notre pays, décoré par le pape Jean-Paul II, le ramène à Butembo, pensant en faire un bon prêtre. Une vocation qu’il n’accueille pas malheureusement, et qu’il regrettait parfois d’avoir ratée.

En 1983, le père Delvordre l’initie au journalisme et ensemble, ils produisent les bulletins Moto, anciennement Eritumo. La même année, Magloire Paluku fonde, avec l’aide de son grand-père, la chorale française « Notre-Dame de Grâces », avec sa cousine Aldegonde et ses amis Symaphrose, Clara, Jean-Marie, Kakusa et son maître de solfège Madingo venu au secours.

Chassé du collège pour avoir manqué son rôle principal dans la pièce de théâtre « Syalyakula », Magloire décide de revenir à Goma à l’Instigo, où ses enseignants Nkuba, Mosange, Vedaste, maman Sabine, Musumba… le forgent en art d’animation culturelle, en journalisme et dans l’enseignement. Il fait alors connaissance du père Louis Quintard, son professeur de religion, qui lui parle du mouvement des Focolari et le convertit en un « Gen » engagé pour la cause de l’unité des hommes pour un monde nouveau.

En 1987, de l’Instigo, il devient enseignant au collège Mwanga. Ici, il crée les génies en herbe avec ses élèves, écrit ses pièces de théâtre « Meurtre sur le Boulevard Champagnat », et ses premières chansons à succès « Tribalisme », « Les hommes loups », « Dada », « Baba yako akuowe »…

Il crée alors son bulletin d’informations générales « Terre des Hommes », sous la direction de ses amis Nones Mbayu et les Belges William et Monique Delrez.

Ce sera alors sa première aventure dans les reportages difficiles de la CEPGL avec les journalistes de Jeune Afrique, Marie-Roger Biloa et Sennen Andriamirado.

De 1988 à 1990, il lance les « Génies en herbe » à la maison des jeunes, des concerts avec l’abbé Oswald Musoni et ses amis Fao Kitsa, Paulin Muyayalo… C’est la gloire de la culture. Il termine son premier cycle de journalisme sur Educatel France.

En 1990, le célèbre journaliste Elongo Kanda-Kanda l’invite à lancer Radio Star, et c’est l’événement de la FM 90 à Goma avec Jules Ngala, Hubert Furuguta, Jenny Kapinga, Lukeka Bin Miya, Maguy Ndoole, JP King Kiembwa…

Il invente alors une émission qui a révélé des journalistes à Goma, « L’AS DE LA SEMAINE », inspirée du modèle du carré d’As de Jean-Pierre Charbonnier de RFI.

De 1992 à 1996, il est au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, à Madagascar, à Goma et Butembo comme musicien pianiste-guitariste, chanteur et chroniqueur radio après sa formation dans l’orchestre Edjo de l’hôtel Karibu.

De 1996 à 2001, son directeur et propulseur de Radio Star, Joseph Kafuka Rujamizi, l’envoie suivre la rébellion de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, qui le récupère et fait de lui journaliste des journaux parlés avec son chef Bertrand Bisimwa.

En 1997, il devient présentateur des magazines sur la RTNC/Kinshasa et journaliste chargé du monitoring au cabinet du chef de l’État sous la direction de Lambert Kaboy. La vie est alors devenue un escalier sans retour.

Paix à son âme.

Victoire Muliwavyo

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